Les maladies cardiovasculaires restent un enjeu majeur de santé chez les femmes. Selon l’association Agir pour le Cœur des Femmes, 200 femmes meurent chaque jour en France de ces maladies.
Les dernières données de l’Observatoire National de la Santé des Femmes mettent en évidence un point important concernant la contraception chez les femmes à risque cardiovasculaire élevé. Sur un échantillon de 1 062 dossiers de femmes âgées de 15 à 55 ans, la majorité présentent des facteurs de risque, et près de la moitié des prescriptions de contraception œstroprogestative sont jugées inadaptées pour ces femmes à haut risque.
Une situation préoccupante
En effet, 40,7 % des prescriptions de contraception œstroprogestative sont considérées comme inappropriées chez ces femmes, lorsque l’on ne prend en compte que les facteurs de risque. Ce chiffre grimpe à 59,8 % si l’on inclut certains antécédents familiaux liés à des problèmes cardiovasculaires. La moyenne d’âge de ces femmes est de 38,9 ans.
Quels facteurs de risque doivent alerter ?
La contraception œstroprogestative, aussi appelée contraception combinée, associe un œstrogène et un progestatif. Elle peut prendre la forme d’une pilule, d’un anneau vaginal ou d’un patch. Chez certaines femmes présentant plusieurs facteurs de risque, cette méthode peut être contre-indiquée ou nécessiter une alternative.
Les principaux facteurs identifiés par le Pr Geneviève Plu-Bureau, gynécologue à l’Hôpital Cochin-Port-Royal, sont l’hypertension, des antécédents cardiovasculaires familiaux au premier degré, l’âge supérieur à 35 ans combiné au tabac ou à l’obésité.
Les chiffres de l’Observatoire montrent que 9 femmes sur 10 dans cette population présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire. Près de deux tiers d’entre elles rapportent aussi des symptômes d’alerte tels que palpitations, essoufflement, douleurs thoraciques ou malaise. Il est donc essentiel de réévaluer régulièrement la contraception en fonction de l’état de santé.
Il est également important d’informer les femmes sur les différentes méthodes de contraception et leurs éventuelles contre-indications. Lors de la première prescription, une consultation approfondie peut être prise en charge par l’Assurance Maladie pour faire le point sur les risques. La vérification des contre-indications doit aussi être renouvelée à chaque renouvellement de la contraception.
Stress et santé mentale : un facteur à ne pas négliger
Au-delà des facteurs biologiques, le stress et la santé mentale jouent un rôle dans le risque cardiovasculaire. Selon l’Observatoire, 66,2 % des femmes dépistées déclarent un excès de stress ou ont déjà été traitées pour une dépression. Une étude menée auprès de 20 000 femmes a également montré que 60 % d’entre elles souffrent d’un état de stress ou de dépression, indépendamment de leur situation sociale.
Après un accident cardiovasculaire, 40 % des femmes peuvent développer une dépression ou un syndrome post-traumatique. La prévention doit donc prendre en compte ces dimensions psychologiques, avec un suivi médical adapté, en plus du suivi cardiovasculaire et gynécologique.






