Marcher régulièrement est bénéfique pour la santé, mais la vitesse à laquelle on marche pourrait être importante. Selon une étude publiée dans JAMA Network Open, une allure plus rapide est associée à un risque plus faible de décès prématuré. Cette relation demeure même en tenant compte du nombre total de pas effectués chaque jour.
Pour parvenir à ces résultats, une équipe de chercheurs de l’Université norvégienne des sciences et technologies a analysé les données de plus de 4 000 fonctionnaires britanniques participant à l’étude Whitehall II, lancée à la fin des années 1980. Au moment des mesures, les participants étaient en moyenne âgés de 69 ans et bénéficiaient d’examens cliniques tous les quatre à cinq ans.
Les bienfaits d’une cadence plus élevée
En 2012 et 2013, leur vitesse de marche a été évaluée en laboratoire. Ils portaient également un dispositif mesurant leur cadence, c’est‑à‑dire le nombre de pas effectués par minute, lors de leurs déplacements quotidiens.
Les résultats montrent que les personnes marchant le plus vite présentaient un risque de décès inférieur de 23 % sur la période observée. Une cadence plus élevée était également associée à une réduction de 17 % de ce risque. Ces deux associations persistaient après ajustement en fonction du nombre total de pas quotidiens.
Un indicateur de l’état de santé général
Le docteur Theodore Strange, chef du service de médecine au Northwell Staten Island University Hospital, à New York, cité par Medical Xpress, liste les raisons qui peuvent expliquer ce lien.
Selon ce spécialiste, une allure soutenue peut témoigner d’un meilleur état de santé général. Elle pourrait être associée à une moindre présence de maladies chroniques ou à une meilleure prise en charge.
En revanche, lorsque l’état de santé se détériore, la vitesse de marche peut diminuer parmi les premières capacités fonctionnelles affectées. Ce ralentissement peut s’accompagner d’un risque accru de chutes, de fragilité physique et de déclin cognitif, autant de facteurs associés à une dégradation de la santé.
Il convient toutefois de distinguer association et causalité. L’étude ne démontre pas qu’accélérer sa marche permettrait de vivre plus longtemps. Une santé déjà fragilisée pourrait expliquer à la fois une allure plus lente et un risque de décès plus élevé. Des recherches complémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre cette relation.
Augmenter sa cadence sans se mettre en difficulté
Pour celles et ceux qui veulent marcher plus vite, le docteur Strange recommande de commencer à une allure confortable, puis d’augmenter progressivement le nombre de pas par minute. Il conseille de privilégier des enjambées courtes plutôt que de grands pas, afin de limiter le risque de chute.
Une bonne posture compte aussi. Il faut garder le buste droit, les épaules détendues, et les bras en mouvement pour accompagner la marche.
Enfin, atteindre 10 000 pas par jour n’est pas indispensable. Il faut commencer par observer son niveau d’activité, viser entre 5 000 et 6 000 pas par jour, puis envisager une augmentation. « Mais, à mon avis, se situer entre 7 000 et 8 000 pas est un objectif tout à fait approprié », conclut-il.






