La mémoire dépend du bon fonctionnement de nombreuses zones du cerveau. Avec l’âge, elle peut se dégrader à cause d’un sommeil insuffisant, du stress chronique, de la sédentarité ou de maladies comme le diabète et l’hypertension qui perturbent la circulation sanguine. Certains médicaments, une consommation excessive d’alcool ou des carences nutritionnelles peuvent aussi perturber les capacités de mémorisation.
Si quelques oublis restent fréquents avec l’âge, une étude menée auprès de plus de 8 000 personnes de plus de 50 ans suggère que le surpoids pourrait jouer un rôle en accélérant le déclin de la mémoire et d’autres fonctions intellectuelles.
Plus l’IMC est élevé, plus la mémoire flanche
Des chercheurs de l’université de New York ont analysé les données de 8 252 seniors américains, suivis sur une période pouvant aller jusqu’à 24 ans, avec des évaluations de leur santé et de leurs capacités intellectuelles. Ils se sont particulièrement intéressés à la mémoire et aux capacités dites exécutives: concentration, planification, organisation des activités, prise de décision et gestion des émotions.
Leur étude, publiée dans le Journal of Neurology, montre que les personnes avec un IMC plus élevé présentent un déclin cognitif plus rapide au fil du temps. Plus l’IMC reste élevé sur la durée, plus les performances en mémoire et en raisonnement diminuent. Le lien est particulièrement net chez les personnes de 65 ans et plus.
Un des effets de l’inflammation de l’organisme
Cette étude ne permet pas de déterminer exactement comment le surpoids peut accélérer le vieillissement du cerveau. Plusieurs mécanismes sont envisagés: l’excès de graisse peut provoquer une inflammation persistante, perturber la circulation sanguine et diminuer l’utilisation du glucose par les cellules. Ces phénomènes pourraient, à terme, affecter le fonctionnement du cerveau.
Cependant, les chercheurs restent optimistes: une meilleure gestion du poids pourrait être associée à un ralentissement du déclin cognitif, avec des effets potentiellement observables en deux ans. Suhang Song, auteur principal de l’étude et chercheur à l’Université de Géorgie, souligne l’importance de prendre en compte le poids parmi les facteurs de santé sur lesquels il est possible d’agir. Cela ne signifie pas qu’il faut viser une perte de poids à tout prix en vieillissant, car une restriction calorique trop importante peut entraîner une perte de muscle et fragiliser l’organisme. L’objectif est plutôt de maintenir un poids adapté à sa situation, grâce à une alimentation équilibrée et à une activité physique régulière.






