Comme un air de déjà-vu. L’apparition récente d’un hantavirus ravive les souvenirs de la pandémie mondiale de COVID-19. Présent à bord du MV Hondius, devenu le foyer de contamination, le vlogueur voyage turc Ruhi Çenet raconte comment il a vécu les jours ayant suivi le décès du couple néerlandais. Si les traumatismes restent encore vifs, avons-nous réellement tiré les leçons de nos erreurs ?
Ils n’ont pas pris le problème suffisamment au sérieux » dénonce dans un entretien avec l’AFP un vidéaste turc ayant voyagé du 1er au 24 avril sur le bateau de croisière MV Hondius, devenu un foyer d’hantavirus.
Parti d’Ushuaia (Argentine) avec le reste des passagers, le vlogueur de voyages Ruhi Çenet préparait un reportage sur l’archipel Tristan da Cunha, l’une des étapes du périple, lorsqu’un homme est mort à bord. Trois passagers du MV Hondius — un couple de Néerlandais et une Allemande — sont morts depuis le 11 avril, selon l’OMS qui a pour l’heure recensé cinq autres cas, dont deux confirmés par des tests.
Sur une vidéo prise par Ruhi Çenet le 12 avril au matin, le commandant du navire annonce, micro en main, la mort la veille du premier passager, un Néerlandais de 70 ans. « Le médecin me dit que nous ne sommes pas contagieux », déclare-t-il, sans pouvoir deviner que ce médecin britannique se trouverait quelques semaines plus tard dans un état grave.
« Il a dit que (le décès) était lié à des causes naturelles », assure Ruhi Çenet, déplorant dans un entretien vidéo à distance avec l’AFP que l’équipage n’ait jamais « envisagé la possibilité d’une telle maladie contagieuse« .
Se préparer au « scénario du pire »
Jusqu’au 24 avril, date à laquelle ce vidéaste de 35 ans quitte la croisière à partir de l’île de Saint-Hélène avec une vingtaine d’autres passagers du MV Hondius, « la vie a poursuivi son cours » sur le bâtiment, affirme-t-il.
Sur ses images, des passagers âgés patientent autour d’un buffet à volonté. « Nous avons continué à prendre nos repas ensemble (…) et nous ne portions pas de masque », explique Ruhi Çenet, selon lequel la plupart des passagers étaient des ornithologues amateurs de plus de 60 ans.
Quelques jours après l’annonce du premier décès, le navire jette l’ancre une journée au large d’une île de l’archipel Tristan da Cunha. « J’aurais aimé que nous n’y débarquions pas car la centaine d’autres passagers se trouvant à bord ont été en contact avec la population » locale, explique le vidéaste. « Je le regrette car cette île est la plus isolée et manque cruellement de centres médicaux et de médecins », poursuit-il, redoutant « le scénario du pire » sur cet archipel de l’Atlantique sud. Lui affirme cependant avoir avec son caméraman commencé à s’isoler dès l’annonce du premier décès. « Nous ignorions l’existence d’un virus mais nous avons préféré prendre des précautions », dit-il.
Source : Géo






