Une souche d’hantavirus transmissible entre humains identifiée sur un navire
Le ministère sud-africain de la Santé a annoncé ce mercredi 6 mai qu’un passager du navire de croisière néerlandais MV Hondius, bloqué au large du Cap-Vert, a été infecté par la souche des Andes d’hantavirus. Ce virus, normalement transmis par les rongeurs, peut également se transmettre d’une personne à une autre, mais cette transmission reste très rare.
Les premiers tests ont confirmé qu’il s’agit bien de la souche des Andes, l’une des 38 variétés connues. Selon le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, cette souche est la seule à pouvoir se transmettre entre humains, mais cette transmission nécessite un contact très étroit. Il précise que ce phénomène est exceptionnel.
Le navire est suspecté d’abriter un foyer d’hantavirus, une maladie transmise par contact avec la salive, les excréments ou l’urine de rongeurs infectés. L’un des passagers, évacué en Afrique du Sud, pourrait avoir été exposé à ce virus.
Une situation sous contrôle et peu risquée pour la santé publique
L’Organisation mondiale de la santé a également rassuré. Tedros Adhanom Ghebreyesus, son directeur général, a indiqué que le risque global pour la santé publique reste faible à ce stade.
Caractéristiques de la souche des Andes
Les hantavirus se transmettent principalement par inhalation de particules contaminées provenant des rongeurs. Ils peuvent provoquer des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal ou des syndromes cardiopulmonaires.
Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur, explique que la souche des Andes est présente notamment au Chili et en Argentine. Elle se transmet entre humains lors de contacts très proches, notamment au sein de familles ou dans des milieux hospitaliers, où le virus peut passer d’un patient à un soignant.
Un infectiologue de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches précise que, en moyenne, 200 cas sont recensés chaque année en Amérique. Il ajoute que la souche des Andes est « très peu contagieuse » malgré sa capacité à se transmettre entre humains.
Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis, souligne que cette possibilité de transmission interhumaine est connue depuis trente ans. Elle rappelle que des clusters ont été observés, mais toujours en nombre limité, et que des mesures d’isolement ont permis de limiter la propagation.
Il n’existe pas de traitement spécifique pour cette maladie. Les soins se limitent à des mesures de soutien pour les patients, précise l’experte.
Une vigilance toujours de mise
Les hantavirus, dont le virus des Andes, restent sous surveillance. Anne-Claude Crémieux insiste sur le fait qu’il faut continuer à surveiller ces virus de près. Elle met en garde contre le risque potentiel qu’un jour, ces virus puissent devenir plus transmissibles entre humains.
Le virus des Andes possède le taux de létalité parmi les plus élevés. La situation actuelle sur le navire de croisière a conduit à la mise en place de mesures strictes, notamment l’isolement des personnes présentant des symptômes et la quarantaine des contacts.
Ce mercredi 6 mai, l’Organisation mondiale de la santé a confirmé la présence de trois cas d’hantavirus à bord du navire, en plus de cinq autres personnes présentant des symptômes. Un ressortissant français a également été identifié comme cas contact, suite à un voyage en avion avec un malade avant son hospitalisation.






