Grève du 4 mai 2026 : certains laboratoires d’analyses seront fermés, un impact potentiel sur vos analyses médicales
Le 4 mai, les patients qui se rendront dans leur laboratoire d’analyses de proximité pourraient découvrir un panneau indiquant « service minimum ». Après les mouvements de 2022 et 2024, c’est cette fois l’ensemble des salariés des laboratoires de biologie médicale de ville qui appellent à la grève.
Agents d’accueil, techniciens, secrétaires, coursiers ou personnels d’entretien expriment leur mécontentement face à une situation devenue critique dans un secteur clé pour le système de santé.
Ce mouvement a été lancé le 15 avril par plusieurs syndicats représentant les salariés des laboratoires de biologie médicale hors hôpital. Ils annoncent une mobilisation « sur l’ensemble du territoire ».
Les syndicats dénoncent l’absence de revalorisation salariale depuis janvier 2024, ainsi que la détérioration continue des conditions de travail. Ce mouvement s’inscrit aussi dans un contexte de transformations profondes des laboratoires de ville qui durent depuis une quinzaine d’années.
Ce qui est prévu pour la journée de grève
Le préavis de grève concerne tous les laboratoires de biologie médicale en ville, distincts des services hospitaliers publics.
Concrètement, tous les métiers non médicaux, notamment dans les plateaux techniques et les centres de prélèvement, sont concernés. Les syndicats évoquent la possibilité d’une grève reconductible si les négociations n’aboutissent pas, ce qui pourrait entraîner des fermetures partielles ou des retards dans le traitement des analyses non urgentes.
Les syndicats lancent un appel à alerter sur la situation : ils dénoncent la « destruction du service aux patients », la dégradation des conditions de travail et la faiblesse des salaires dans ces laboratoires, selon un communiqué relayé par Midi Libre.
Une revendication centrale : les salaires et les conditions de travail
Au cœur de la contestation, la question des rémunérations revient régulièrement. La Fédération nationale des industries chimiques CGT indique que « les trois quarts des salariés (agents d’entretien, coursiers, agents d’accueil, assistants administratifs…) sont payés au SMIC ou juste au-dessus ».
Elle souligne aussi qu’aucune revalorisation n’a été accordée depuis janvier 2024. La dernière augmentation générale, de 3 %, a été absorbée par l’inflation, et plusieurs coefficients de la grille salariale restent même en dessous du SMIC.
Les syndicats dénoncent une « financiarisation » du secteur, se traduisant par une charge de travail en hausse, des mobilités imposées, des suppressions de postes et des politiques managériales dégradantes. Sur le terrain, cela se traduit par moins de personnel, des tâches plus polyvalentes, des déplacements fréquents entre sites et des horaires étendus. Beaucoup de salariés craignent de faire des erreurs ou d’avoir une relation dégradée avec les patients faute de temps.
Consolidation du secteur et tensions avec l’Assurance maladie
Cette colère s’inscrit aussi dans une mutation récente du secteur. En quinze ans, de nombreux laboratoires indépendants ont été rachetés par de grands groupes privés comme Biogroup, Eurofins, Cerballiance, Inovie, Unilabs ou Synlab.
Selon la Fédération CGT, cette concentration a permis aux directions de réduire les coûts salariaux pour répondre aux exigences des fonds d’investissement. Des données professionnelles estiment que cette restructuration aurait généré environ 6 milliards d’euros d’économies pour la Caisse nationale d’Assurance maladie sur dix ans, alors que le volume d’examens remboursés a considérablement augmenté.
Ce conflit intervient après plusieurs tensions entre les biologistes et l’Assurance maladie concernant les tarifs des analyses. En automne 2024, une grève avait été menée par les responsables des laboratoires contre de nouvelles baisses tarifaires. Un accord avait finalement fixé la stabilité des tarifs pour 2025 et 2026, avec une hausse limitée à 1,75 % sur certaines analyses.
Les salariés estiment que ces mesures favorisent surtout la stabilité financière des grands groupes, sans répondre à leurs revendications de revalorisation salariale ni d’augmentation des effectifs.






