La maladie d’Alzheimer est la forme de maladie neurodégénérative la plus répandue. Elle concerne principalement les personnes de plus de 65 ans, mais peut aussi toucher des plus jeunes. Elle touche environ deux fois plus de femmes que d’hommes. Les premiers symptômes incluent une perte de mémoire, des troubles de l’expression orale ou écrite, ainsi que des difficultés à s’orienter dans le temps et l’espace. Ces signes indiquent souvent un début de démence. Actuellement, plus de 1,4 million de Français sont atteints par cette maladie, qui entraîne en moyenne 18 000 décès chaque année, selon l’association France Alzheimer.
Récemment, de nouveaux médicaments injectables, présentés comme une avancée majeure contre Alzheimer, ont été commercialisés. Ces traitements, basés sur des anticorps capables de cibler une protéine anormale dans le cerveau, sont censés ralentir la perte de mémoire. Beaucoup de familles y voient une lueur d’espoir. Cependant, une étude internationale sérieuse remet en question l’efficacité réelle de ces médicaments.
Des médicaments anti-amyloïde présentés comme une révolution
Les médicaments anti-amyloïde, tels que le donanemab et le lecanemab, sont déjà autorisés dans plusieurs pays. Leur traitement consiste en des perfusions toutes les deux à quatre semaines, pendant 18 mois. Au Royaume-Uni, le NHS refuse de rembourser ces traitements, qui coûtent environ 90 000 livres sterling, soit près de 105 000 euros, pour un seul patient. La question de leur coût se pose donc : ces traitements apportent-ils un bénéfice suffisant pour justifier leur prix élevé ?
Le principe de ces médicaments repose sur une idée simple. Dans Alzheimer, la bêta-amyloïde, une substance collante, s’accumule entre les neurones et forme des plaques qui gênent leur fonctionnement. Les anticorps monoclonaux ont été conçus pour reconnaître cette protéine et aider le corps à la détruire.
Malgré plusieurs années d’échecs dans les essais cliniques, les résultats récents du donanemab et du lecanemab ont montré un léger ralentissement du déclin cognitif chez des patients en début de démence. Ces résultats ont été perçus comme une avancée, car c’était la première fois qu’un traitement semblait freiner la progression de la maladie. Cependant, la réelle portée de ces bénéfices au quotidien reste débattue.
Une efficacité limitée selon la revue Cochrane
La revue Cochrane, qui a analysé 17 essais cliniques impliquant plus de 20 000 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, conclut que ces médicaments ont un effet très limité. Leur capacité à ralentir la dégradation de la mémoire et des capacités cognitives est faible, au point que les patients et leurs proches ne ressentent pas vraiment de différence. De plus, ces traitements comportent des risques, notamment celui d’œdème cérébral. Selon le rapport, environ 119 personnes sur 1 000 traitées présentent cet effet secondaire, contre 12 sur 1 000 sous placebo. Cela nécessite une surveillance attentive et régulière, ce qui complique leur utilisation.
Un des auteurs du rapport, Edo Richard, insiste sur l’importance d’être honnête avec les malades. Il rappelle qu’il faut éviter de leur donner de faux espoirs, en précisant que ces traitements ne garantissent pas une amélioration significative.
Un débat scientifique toujours en cours
Le rapport a également suscité des critiques. Robert Howard, de l’University College London, regrette que ces médicaments aient été vantés de manière exagérée, créant de faux espoirs pour les familles. Il dénonce une communication qui n’est pas étayée par des preuves solides.
À l’opposé, le professeur Bart De Strooper, également de l’UCL, estime que l’étude « n’éclaire pas » suffisamment la question et complique la compréhension. Selon lui, ces anticorps apportent un bénéfice clinique modeste mais réel.






