Le sel, un facteur de risque pour la mémoire après 60 ans
Lorsqu’on parle des risques liés à une alimentation trop salée, on pense généralement à l’hypertension artérielle. Il est bien connu que réduire sa consommation de sodium permet de diminuer les risques d’infarctus et d’AVC. Cependant, des études récentes suggèrent que le sel pourrait aussi avoir un impact sur le cerveau.
Pour mieux comprendre cette question, des chercheurs ont analysé les données de la cohorte australienne AIBL (Australian Imaging, Biomarkers and Lifestyle). Cette étude suit des participants sur plusieurs années. Elle a été publiée dans la revue Neurobiology of Aging. Les chercheurs y ont examiné le lien entre consommation de sodium et évolution de la mémoire chez des personnes âgées sur une période de six ans. Les résultats indiquent que le sexe pourrait jouer un rôle dans la relation entre sel et déclin cognitif lié au vieillissement.
Il est important de noter qu’en France, l’ANSES estime que la consommation moyenne dépasse toujours les recommandations. Les hommes consomment en moyenne 8,7 g de sel par jour, et les femmes 6,7 g, hors sel ajouté lors des repas.
Trop de sel et déclin de la mémoire chez les hommes après 60 ans
Pour cette étude, 1 208 Australiens d’environ 71 ans ont été recrutés. Tous étaient en bonne santé mentale au début de l’étude. Chaque participant a rempli un questionnaire sur ses habitudes alimentaires de l’année précédente, permettant d’estimer leur apport quotidien en sodium. Tous les 18 mois, pendant six ans, ils ont passé des tests évaluant plusieurs domaines cognitifs, notamment la mémoire épisodique, la reconnaissance, le langage, l’attention, et un score préclinique pour la maladie d’Alzheimer.
Lorsque les chercheurs ont analysé l’ensemble du groupe, ils n’ont pas trouvé de lien clair entre la consommation de sel et la mémoire. Cependant, en séparant les participants par sexe, une différence est apparue. Chez les hommes, ceux qui consommaient environ 2 350 mg de sodium par jour ont montré un déclin plus rapide de leur mémoire épisodique. Chez les femmes, qui consommaient en moyenne 1 810 mg de sodium, aucun lien significatif n’a été observé. Aucun autre domaine cognitif n’était clairement associé au sodium.






