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La maladie du foie qui se propage a Cause de Votre Alimentation

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Une maladie du foie en forte expansion, causée par l’alimentation

Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire de consommer de l’alcool pour développer une maladie du foie. La stéatose hépatique, qui représente un facteur de risque important de cancer du foie (20 à 30 % des cas dans les pays développés), correspond à une surcharge de graisse dans les cellules du foie, appelées hépatocytes. Elle peut être liée à l’alcool ou non. La forme non alcoolique, souvent appelée maladie du foie gras ou stéatose hépatique métabolique, est principalement liée à une alimentation riche en graisses et en sucres.

Une étude internationale récente indique que cette affection touche déjà plus d’un milliard de personnes dans le monde, et sa progression est plus rapide que prévu. Publiée dans la revue The Lancet Gastroenterology & Hepatology, cette recherche analyse des données recueillies entre 1990 et 2023 dans 204 pays pour mieux comprendre cette tendance et prévoir son évolution.

Les chercheurs précisent que les estimations de la prévalence prennent en compte l’âge, le sexe, la région et le niveau socio-économique. En 2023, environ 1,3 milliard de personnes vivaient avec une stéatose hépatique non alcoolique, soit près d’une personne sur six dans le monde. Le taux de prévalence standardisé selon l’âge est d’environ 14 429 cas pour 100 000 habitants. Les données montrent une augmentation de 142,7 % en nombre brut depuis 1990, où près de 0,5 milliard de personnes étaient concernées, et une hausse de 28,6 % du taux pour 100 000 habitants.

Les projections prévoient que d’ici 2050, le nombre de personnes atteintes pourrait atteindre 1,8 milliard, soit une hausse de 42 % par rapport à 2023. Le taux de prévalence pourrait alors atteindre environ 15 775 cas pour 100 000 habitants. Cette croissance est principalement attribuée à l’augmentation de la population dans des zones déjà fortement impactées, combinée à la montée de l’obésité et des troubles métaboliques.

Les populations les plus exposées

Les régions les plus touchées par cette maladie silencieuse sont l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. À l’inverse, l’Asie-Pacifique à revenu élevé présente les taux les plus faibles. Les hommes sont généralement plus nombreux à être atteints que les femmes, bien que ces dernières soient plus affectées par la maladie après 69 ans, probablement en raison de la ménopause.

Les personnes les plus concernées sont souvent des jeunes adultes. Chez les hommes, le pic de prévalence se situe entre 35 et 39 ans, chez les femmes entre 55 et 59 ans. Parmi les facteurs de risque principaux figurent une glycémie à jeun élevée, un indice de masse corporelle élevé, ainsi que le tabagisme.

L’obésité chez l’enfant constitue aussi une menace à long terme. Un enfant en surpoids dès le plus jeune âge a plus de risques de développer ces troubles métaboliques, ce qui peut endommager son foie avant même l’âge adulte. Cela peut entraîner des complications comme la fibrose, la cirrhose ou un cancer, souvent sans symptômes apparents.

Une maladie souvent silencieuse mais réversible si détectée tôt

La maladie du foie gras évolue généralement sans symptômes visibles, si ce n’est une fatigue diffuse ou des douleurs abdominales. Une fatigue chronique importante, une envie persistante de sucre même après un repas, peuvent être des signaux d’alerte. La nutritionniste Amandine De Paepe explique que ces signes traduisent un métabolisme qui brûle principalement du sucre.

Avec le temps, un métabolisme ralenti peut provoquer des difficultés à perdre du poids, un ventre gonflé, une peau qui vieillit prématurément, des yeux qui jaunissent ou des réveils nocturnes. En cas de suspicion, il est conseillé de faire tester son insuline. La résistance à l’insuline apparaît souvent avant la cirrhose.

Souvent, le diagnostic est fait par hasard lors d’une prise de sang ou d’une échographie. En France, des estimations indiquent que 16 à 18 % des adultes pourraient être concernés, et la stéatose hépatique serait impliquée dans près d’un quart des cas de cancer du foie.

Heureusement, dans ses premiers stades, la maladie est souvent réversible. Il est alors essentiel d’adopter une alimentation adaptée en limitant notamment la consommation de sucres, de féculents et d’aliments ultra-transformés. La pratique régulière d’activité physique, la perte de 7 à 10 % du poids, l’arrêt du tabac, et la gestion du diabète ou de l’hypertension peuvent freiner ou inverser la progression des lésions.

Il est conseillé à toute personne présentant des facteurs de risque de faire un bilan du foie avec son médecin, surtout si elle souffre d’obésité, de diabète ou de cholestérol élevé. Une détection précoce permet souvent d’éviter des complications graves à long terme.

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