Près de 700 000 personnes en France utilisent aujourd’hui des médicaments à base d’analogues du GLP-1, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament. Ces traitements, très répandus dans la lutte contre le surpoids et l’obésité, agissent sur une hormone que notre corps produit naturellement après les repas. Le GLP-1 transmet au cerveau le signal de satiété, indiquant que l’on a suffisamment mangé. Bien que ces médicaments puissent permettre de perdre jusqu’à 20 % du poids, ils n’éliminent pas le besoin en protéines, fibres ou vitamines.
Le nutritionniste britannique Rob Hobson s’est penché sur cette problématique. Il explique que si ces médicaments réduisent l’appétit, cela ne signifie pas que l’organisme a moins besoin de nutriments essentiels. Dans son livre Every Bite Counts, il cherche à répondre à la question : comment bien manger lorsque l’appétit est faible et que les portions sont petites ?
La « règle de quatre » pour chaque repas
Pour adapter l’alimentation, Rob Hobson propose une règle simple : dans chaque assiette, il faut réunir une source de protéine, une « couleur » (fruit ou légume), une graisse saine, et un aliment complet comme du riz brun, du pain complet, des pommes de terre ou des haricots. L’objectif est de rendre chaque bouchée la plus riche possible en nutriments, surtout lorsque l’appétit diminue.
Il recommande d’axer chaque repas sur une protéine de haute qualité, apportant tous les acides aminés essentiels. Parmi ces sources, on trouve le poulet, le poisson, les œufs ou le tofu. Une alimentation riche en protéines aide à préserver la masse musculaire, à maintenir un métabolisme actif et à stabiliser la glycémie. Les fruits, légumes, graines, et céréales complètes complètent l’assiette en apportant fibres, vitamines et minéraux, qui favorisent aussi un transit plus régulier, notamment sous traitement GLP-1.
Une journée type sous GLP-1
Pour le petit-déjeuner, Rob Hobson suggère un smoothie protéiné, composé de poudre de protéines, de baies, de lait (de vache ou de soja), d’épinards et de beurre de noix. Il recommande aussi des œufs mollets avec du pain ou du brocoli à tremper dans le jaune, ou encore des flocons d’avoine préparés la veille avec du lait et des fruits, pour un bol riche en fibres mais en petite quantité.
À midi, il privilégie les bols façon Buddha, faciles à composer : par exemple, un mélange de saumon fumé, œuf dur, quinoa, edamame et avocat, ou un bol de riz brun avec du thon en conserve, du poivron rouge, de l’avocat et de l’oignon vert.
Le dîner suit une logique similaire : une protéine, un féculent et un légume. Il propose des plats en une casserole, comme un bouillon avec du poulet effiloché, des nouilles et des carottes râpées, ou un curry d’aubergine au lait de coco avec edamame et riz brun. Un filet de saumon mariné aux épices indiennes, servi avec du quinoa et une salade, constitue aussi une option.
Les collations adaptées sous GLP-1
Entre les repas, les collations restent axées sur les protéines : haricots edamame avec du concombre, assaisonnés de citron vert et de sel de mer, fromage cottage avec des myrtilles, ou un yaourt avec du granola et des baies. Ces petites portions permettent de compléter l’apport journalier, surtout lorsque manger de gros repas devient difficile, tout en respectant une alimentation équilibrée.
Selon Rob Hobson, même sous traitement GLP-1, il est crucial de soutenir la masse musculaire, la santé osseuse, l’énergie, la fonction cérébrale et la santé intestinale. Il insiste : « Juste parce que vous mangez moins, cela ne veut pas dire que vous avez moins besoin de nutriments. »






