Une infection encore peu connue mais présente en France
Chaque année, des centaines de cas d’hantavirus sont diagnostiqués en France. Pourtant, cette infection reste méconnue du grand public. Ces virus circulent souvent de manière silencieuse, principalement dans des zones spécifiques du territoire.
Récemment, un foyer d’infection a été découvert à bord du navire MV Hondius, ce qui a ravivé les inquiétudes autour de cette famille de virus encore peu étudiée. Malgré cette actualité, les hantavirus ne sont pas nouveaux. Ils circulent depuis plusieurs décennies dans de nombreuses régions du monde, y compris en France.
Les deux principales familles d’hantavirus
Les hantavirus regroupent plus de vingt espèces différentes, transmises principalement par des rongeurs. On distingue deux grandes familles : celles du « Nouveau Monde », présentes surtout en Amérique, et celles de « l’Ancien Monde », qui concernent l’Europe et l’Asie.
Le virus des Andes, en Amérique du Sud, appartient à la première catégorie. Il est préoccupant car il peut se transmettre d’homme à homme. C’est cette souche qui a été au centre de l’attention lors du foyer sur le MV Hondius.
En Europe, la transmission des hantavirus se fait surtout du rongeur à l’humain. La contamination survient principalement par inhalation de poussières contaminées par des excréments, de l’urine ou de la salive d’animaux infectés. À ce jour, aucune transmission entre humains n’a été observée pour les souches européennes.
Les hantavirus américains provoquent souvent des syndromes pulmonaires graves, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 60 %. Les formes européennes, quant à elles, entraînent généralement des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal, qui sont moins graves, avec un taux de létalité variant de 0,4 à 10 % selon les souches.
Le virus Puumala, le principal hantavirus en France
En France, le suivi de ces virus est assuré par le Centre national de référence (CNR) des Hantavirus à l’Institut Pasteur. Entre 2005 et 2024, 2 046 cas de fièvres hémorragiques à syndrome rénal ont été enregistrés dans l’Hexagone.
La maladie reste cependant rare. En moyenne, une centaine de cas sont hospitalisés chaque année. Le nombre de cas fluctue fortement selon les années, avec un pic en 2021 (320 cas) et un minimum en 2013 (14 cas). Les premiers mois de 2026 montrent une situation stable, avec 19 cas confirmés entre janvier et mars.
En France, cinq types d’hantavirus ont été identifiés. Le plus répandu est le virus Puumala, découvert dans les années 1980. Son principal réservoir est le campagnol roussâtre, un petit rongeur vivant surtout dans les zones forestières et en bordure des bois.
La majorité des cas concernent le quart nord-est du pays, région considérée comme la principale zone d’endémie. Toutefois, une progression vers le sud et l’ouest est observée depuis plusieurs années.
Zones à risque et autres virus détectés
Le printemps est une période particulièrement surveillée. La proximité avec la nature, notamment la présence de jeunes rongeurs en début de saison, augmente le risque de contamination. Ces petits rongeurs, en se reproduisant, libèrent davantage de virus dans l’environnement.
Le virus de Séoul est une autre souche présente en France. Depuis 2012, quinze cas humains ont été recensés, principalement liés à des rats sauvages. Plusieurs départements, dont la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, l’Ain et le Rhône, ont été concernés. La taupe d’Aquitaine est également porteuse du virus Tula, avec deux cas humains signalés récemment.
Enfin, deux autres virus ont été identifiés chez des taupes : le virus Nova chez la taupe européenne et le virus Landiras chez la taupe d’Aquitaine. Leur dangerosité pour l’être humain reste encore inconnue.






