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Démence : l’anxiété et la confusion, les signes précoces méconnus

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Un symptôme précoce de démence souvent méconnu : anxiété et confusion

On pense généralement que la démence, notamment la maladie d’Alzheimer, se manifeste principalement par des pertes de mémoire répétées. Pourtant, certains signes précoces sont plus discrets mais tout aussi importants. Deux d’entre eux, souvent ignorés, sont une anxiété inhabituelle et des épisodes de confusion ou de désorientation. Ces symptômes peuvent apparaître plusieurs années avant les oublis flagrants et être confondus avec du simple stress ou un changement de personnalité lié à l’âge.

Les premiers signes de mémoire peuvent inclure la perte d’objets, l’oubli de conversations récentes, la répétition de questions ou des difficultés à retrouver certains mots. Selon le service de santé britannique NHS, ces troubles s’accompagnent souvent de changements d’humeur, tels qu’une anxiété croissante ou des périodes de confusion. Comme la maladie d’Alzheimer évolue lentement sur plusieurs années, ces signaux subtils risquent d’être minimisés par la personne ou son entourage.

Pourquoi la mémoire n’est pas le seul indicateur

La démence est un trouble neurocognitif majeur qui affecte progressivement la mémoire, le jugement et le comportement. La forme la plus courante est la maladie d’Alzheimer, représentant entre 60 et 80 % des cas. Dans l’imaginaire collectif, ses premiers symptômes sont surtout liés à des oublis : perdre ses clés, oublier un nom ou poser plusieurs fois la même question.

Ce focus sur la mémoire masque cependant d’autres formes de démence, comme la démence frontotemporale, où des changements de personnalité ou de comportement précèdent souvent tout trouble mnésique visible. De plus, de petits oublis quotidiens peuvent déjà s’accompagner d’une fragilité émotionnelle ou d’un état d’anxiété accru, qui sont parfois négligés.

L’importance de reconnaître le duo anxiété + confusion

De plus en plus, les spécialistes remarquent l’émergence d’un duo spécifique : une anxiété nouvelle associée à des épisodes de confusion. Selon le NHS, cela peut prendre la forme d’une inquiétude constante, d’un sentiment d’égarement, ou d’une difficulté à localiser son emplacement ou à se souvenir de ce qu’on faisait. L’entourage observe parfois une irritabilité inhabituelle ou un repli social chez une personne qui était auparavant calme et sereine.

Par ailleurs, apparaissent de petits troubles de la clarté mentale : ne plus savoir quel jour on est, se tromper d’heure, ou rester figé dans une pièce sans se rappeler pourquoi on y est entré. Les autorités de santé américaines, comme le CDC, considèrent ces signes, notamment la confusion sur le temps ou le lieu, comme des alarmes précoces. Une étude relayée par National Geographic indique que plus de la moitié des personnes dans un état cognitif normal ont déjà présenté, dans les années précédant un diagnostic, au moins un symptôme d’humeur comme l’anxiété ou l’apathie.

Quand et comment consulter ?

Le NHS précise que la maladie d’Alzheimer évolue lentement sur plusieurs années. Attendre que les troubles deviennent visibles ou invalidants peut faire perdre un temps précieux. Il est conseillé de consulter dès qu’un changement durable, sans cause apparente, se manifeste depuis plusieurs mois et commence à affecter le quotidien.

Il est recommandé de consulter un professionnel si, chez une personne de plus de 60 ans, l’on observe :

  • Une anxiété, une irritabilité ou une méfiance nouvelle, sans raison évidente ;
  • Des épisodes où la personne ne sait plus quel jour ou où elle se trouve, ou se perd dans un trajet habituel ;
  • Des erreurs inhabituelles dans la gestion de ses finances, ses rendez-vous ou ses conversations.

Le médecin traitant reste le premier contact. Il pourra orienter vers une consultation spécialisée en mémoire, neurologue ou gériatre. Tenir un journal des épisodes d’anxiété ou de confusion, en notant la date, le contexte et la durée, ainsi que recueillir le témoignage des proches, facilite le diagnostic.

Un diagnostic précoce permet d’accéder à des traitements, comme les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (donepezil, galantamine, rivastigmine), qui peuvent aider à réduire temporairement certains symptômes et à mieux gérer le quotidien. En cas de doute, il vaut mieux consulter rapidement plutôt que d’attendre que les troubles de mémoire deviennent trop importants.

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