Les effets du café sur la santé : ce que dit le gastro-entérologue William Berrebi
Le café, boisson préférée de nombreux Français, ne se limite pas à un simple rituel matinal. Il agit aussi sur notre organisme, au-delà de la sensation de stimulation. Entre études contradictoires, inquiétudes sur l’addiction et rumeurs concernant ses effets sur l’estomac, il est parfois difficile de s’y retrouver. Selon le gastro-entérologue William Berrebi, la question n’est plus de savoir si le café a un impact, mais comment en profiter sans nuire à sa santé.
Le café stimule le cerveau, accélère la digestion, modifie le microbiote intestinal et pourrait, à long terme, influencer le risque de diabète ou certains cancers. La clé réside dans la quantité consommée et dans le profil de santé de chacun. D’après les études récentes, combinées à l’expérience clinique de William Berrebi, une consommation modérée apparaît plutôt bénéfique que nuisible.
Les effets du café sur le cerveau : un stimulant sans dépendance grave
William Berrebi rappelle que la caféine améliore la vigilance, la concentration et les performances mentales à court terme. Bien que certains parlent de dépendance, la médecine ne considère pas le café comme une véritable addiction. Selon une synthèse de recherches, une consommation modérée pourrait même réduire le risque de maladies neurodégénératives, comme Parkinson, Alzheimer ou dépression.
Une étude publiée en 2026 dans la revue Nature, relayée par Le Parisien, a comparé 31 buveurs de 3 à 5 tasses de café par jour à 31 non-buveurs. Elle montre que ceux qui consomment du café, y compris décaféiné, ont un microbiote plus diversifié. Ils présentent aussi des niveaux plus faibles de stress, de dépression et d’impulsivité. Cela suggère que certains effets positifs sur l’humeur seraient liés à d’autres composants du café, pas seulement à la caféine.
Café et digestion : l’analyse du gastro-entérologue William Berrebi
Dans son cabinet, William Berrebi constate que le café stimule l’intestin. Sa richesse en antioxydants favorise la production de sécrétions digestives et accélère le transit, ce qui explique l’envie fréquente d’aller aux toilettes après la tasse du matin. Il souligne aussi que le café contribue à réduire la quantité de graisses autour des organes, notamment le foie. Cela peut réduire le risque de diabète de type 2, avec une baisse estimée d’environ 7 % par tasse quotidienne.
En 2016, l’Organisation mondiale de la santé a retiré le café de la liste des substances potentiellement cancérigènes. Des études citées par Axa Santé indiquent que sa consommation pourrait diminuer le risque de cancers du foie, colorectal et de l’endomètre. De plus, la recherche sur le microbiote montre que le café favorise aussi des bactéries protectrices, renforçant le lien entre intestin et cerveau.
Quelle consommation pour bénéficier des bienfaits ?
L’Autorité européenne de sécurité des aliments recommande de ne pas dépasser 400 mg de caféine par jour, soit environ 4 tasses pour un adulte en bonne santé. Pour les femmes enceintes, la limite est fixée à 200 mg. En France, environ 30 % des adultes dépassent souvent ces recommandations. Consommer plus de 4 ou 5 tasses peut augmenter les risques de troubles du sommeil, palpitations, nervosité ou reflux acides.
Les spécialistes conseillent de privilégier le café le matin et en début d’après-midi, d’éviter le sucre ajouté, et de préférer un café filtre en cas de cholestérol élevé. Il est aussi recommandé de passer au décaféiné pour les personnes anxieuses, enceintes ou très sensibles au sommeil. Enfin, il faut écouter son corps : si le cœur s’accélère ou si l’estomac brûle, il vaut mieux réduire la quantité, sans forcément renoncer à cette boisson quotidienne.






