Cancer de l’ovaire et dépression : une confusion à éviter
De nombreuses personnes atteintes d’un cancer reçoivent également un diagnostic de dépression. Il est estimé que 15 à 25 % des patients atteints de cancer souffrent de troubles dépressifs. Pourtant, une nouvelle étude remet en question la fiabilité de certains diagnostics de dépression chez ces patients.
Plus précisément, dans le cas du cancer de l’ovaire, une recherche récente publiée dans la revue Cancer souligne que certains symptômes physiques liés à la maladie peuvent être confondus avec ceux de la dépression. Cela pourrait conduire à un surdiagnostic de dépression chez ces patientes. L’enjeu est donc de mieux distinguer la souffrance psychique réelle de la simple manifestation des symptômes liés au cancer.
Les symptômes du cancer de l’ovaire et leur impact sur le diagnostic de dépression
Les symptômes caractéristiques du cancer de l’ovaire incluent le ballonnement, les douleurs abdominales ou pelviennes, la fatigue, les troubles digestifs, la perte d’appétit ou encore les lombalgies. Ces signes se recoupent en partie avec ceux utilisés pour diagnostiquer la dépression, notamment les symptômes dits « somatiques ».
Des études montrent que plus d’un quart des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire présentent également des symptômes dépressifs. Cependant, il est difficile d’établir un diagnostic précis, car certains signes physiques peuvent aussi être une manifestation de la dépression ou du cancer lui-même.
Ce que révèle une étude comparative
Pour mieux comprendre cette problématique, une étude récente a comparé des patientes au moment du diagnostic, puis un an après, à un groupe sans cancer. Les chercheurs ont séparé les symptômes physiques des symptômes émotionnels et cognitifs.
Les résultats montrent qu’au moment du diagnostic, les patientes présentent davantage de symptômes physiques que le groupe témoin, mais leur détresse émotionnelle est moins marquée. Un an plus tard, ces différences s’estompent lorsque la maladie n’est plus la seule cause de ces symptômes physiques. Cela indique que certains signes physiques liés au cancer peuvent être confondus avec ceux de la dépression, compliquant le diagnostic.
Une approche pour un diagnostic plus précis
Les chercheurs soulignent que ces résultats doivent guider l’évaluation des symptômes dépressifs. Il est important de faire la distinction entre ceux qui sont liés aux effets physiques du cancer et ceux qui révèlent une véritable souffrance psychologique.
Les professionnels de la psycho-oncologie encouragent à prendre en compte des signes plus spécifiques de la dépression, tels que la tristesse persistante, la perte d’intérêt ou les idées suicidaires.
Pour éviter à la fois le sous-diagnostic et le surdiagnostic, la solution la plus efficace reste une évaluation collaborative. Sur le terrain, oncologues, psychiatres et psychologues travaillent ensemble avec la patiente pour différencier les symptômes physiques liés à la maladie de ceux qui indiquent une souffrance psychique durable.






