Après une hospitalisation, certains médicaments courants peuvent augmenter les risques pour les seniors
Lorsqu’un patient quitte l’hôpital, cela est souvent perçu comme une étape rassurante, avec l’impression que le pire est passé. Cependant, selon des chercheurs canadiens de l’Université de Toronto, cette période qui suit la sortie reste particulièrement sensible pour les personnes âgées.
Ils mettent en évidence un risque lié à la prescription de certains médicaments lors de la sortie. Notamment, les sédatifs tels que les benzodiazépines et certains antipsychotiques, qui peuvent avoir des effets indésirables importants.
Un risque accru de chute et de complications médicales
Une étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne a analysé les données de plus de 1,86 million de patients âgés de 66 ans et plus, suivis sur une période de 20 ans, entre 2003 et 2023. Les chercheurs ont examiné les prescriptions faites dans la semaine suivant une hospitalisation, ainsi que leurs conséquences dans le mois qui suit.
Ils ont constaté que 13,2 % de ces patients recevaient un sédatif après leur sortie. Fait notable, près d’un tiers de ces personnes n’avaient pas pris de médicaments de cette famille dans les six mois précédant leur hospitalisation.
Les résultats montrent que ces nouveaux traitements peuvent avoir des effets graves. Chez les patients qui n’étaient pas sous sédatifs avant leur hospitalisation, le risque de chute nécessitant une intervention médicale augmente de 20 %. Le même pourcentage s’applique également à la probabilité d’avoir besoin d’une urgence ou d’être réhospitalisé. Enfin, le risque de décès dans les 30 jours suivant le retour à domicile est 78 % plus élevé pour ces patients.
Différences selon les types de médicaments
Les chercheurs ont aussi noté que certains médicaments ont un impact plus important. Les benzodiazépines sont associées à une augmentation du risque pour tous les événements étudiés. Les antipsychotiques, quant à eux, augmentent aussi le risque de chute et de mortalité. À l’inverse, les antidépresseurs à effet sédatif ne semblent pas provoquer le même type de risques dans cette étude.
Pourquoi la période juste après le retour à domicile est-elle si critique ?
À l’hôpital, ces médicaments sont souvent administrés ponctuellement pour soulager l’anxiété, favoriser le sommeil, ou gérer certains examens ou épisodes de délire. Leur prescription est généralement limitée dans le temps. Le problème se pose lorsque ces traitements sont poursuivis après la sortie, alors que l’organisme reste encore fragilisé par la maladie ou le séjour hospitalier.
Les personnes âgées sont déjà plus vulnérables aux effets secondaires de ces médicaments, notamment aux troubles de l’équilibre, à la confusion ou aux chutes. La Dre Lisa Burry, principale auteure de l’étude, souligne que continuer ces traitements après un séjour médical peut augmenter considérablement les risques pour les seniors.
Recommandations pour une meilleure gestion des traitements
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’un suivi médical rapide, idéalement une à deux semaines après la sortie. Il est important de réévaluer si la poursuite de ces médicaments est vraiment nécessaire. Lorsqu’un traitement s’avère indispensable, il est conseillé de réduire ou d’arrêter progressivement ces médicaments, en particulier chez les personnes âgées.
Les médecins sont encouragés à mettre en place des évaluations régulières des risques de chute ou de mobilité. Cela permettrait d’atténuer les dangers liés à la poursuite de certains traitements sédatifs après une hospitalisation.
Source : Association between sedative prescriptions after hospital discharge and falls and other adverse events in older adults: a population-based cohort study, Canadian Medical Association Journal, juin 2026.






