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Tension artérielle : Comment une mauvaise position du bras fausse vos résultats

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La position du bras peut fausser la mesure de la tension artérielle

Que ce soit en cabinet médical ou à domicile, la façon dont on positionne le bras lors de la prise de tension est essentielle. Une étude menée par l’équipe de Johns Hopkins Medicine a révélé qu’un bras laissé pendre le long du corps peut augmenter la lecture de la tension d’environ 7 millimètres de mercure. Ce décalage peut faire passer un patient d’une tension « normale » à une hypertension réelle.

En octobre 2024, l’étude ARMS Crossover Randomized Clinical Trial, publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, a confirmé que la position du bras n’est pas un détail technique. Elle constitue un facteur clé. En effet, le même tensiomètre, avec le même patient, peut donner des résultats très différents selon que le bras repose sur les genoux ou reste suspendu à hauteur du cœur. Cela pose un problème, notamment lorsqu’une seule mesure sert au diagnostic.

Pourquoi la position du bras influence-t-elle la mesure ?

Le tensiomètre de bras mesure la pression dans l’artère au niveau du brassard. Pour que cette mesure soit précise, le milieu du brassard doit être aligné avec l’oreillette droite du cœur. Si le bras est plus bas que cette hauteur, la gravité augmente artificiellement la pression nécessaire pour faire circuler le sang. Résultat : la lecture affichée est plus élevée qu’en réalité.

Les recommandations de l’American Heart Association sont claires : le patient doit être assis, dos et pieds bien soutenus, avec l’avant-bras posé sur une surface plane à la hauteur du cœur. Pourtant, dans la pratique, on voit souvent des bras posés sur les genoux, maintenus en l’air ou qui pendent le long du corps. À la maison, une table de cuisine trop basse peut également provoquer ce biais sans que l’on s’en rende compte.

Ce que révèle l’étude ARMS de Johns Hopkins

Dirigée par Tammy M. Brady, MD, PhD, à Baltimore, cette étude a porté sur 133 adultes âgés de 18 à 80 ans. Après un court repos, chaque participant a subi trois mesures successives avec un brassard automatique, dans différentes positions : bras soutenu sur un bureau, bras posé sur les genoux, bras pendant sur le côté, puis à nouveau bras sur le bureau pour vérifier la stabilité des résultats.

Les résultats montrent que, par rapport à la position de référence, un bras posé sur les genoux augmente la pression systolique d’environ 3,9 mmHg et la diastolique de 4,0 mmHg en moyenne. Lorsque le bras pendait le long du corps, la tension systolique montait encore davantage, de 6,5 mmHg, et la diastolique de 4,4 mmHg. Ces écarts peuvent faire toute la différence dans le diagnostic, notamment entre une tension normale et une hypertension.

Comment assurer une mesure de tension fiable ?

Pour obtenir une lecture précise, il faut reproduire la position recommandée par l’étude. Il est conseillé de :

  • S’asseoir sur une chaise avec dossier, les pieds à plat et décroisés, et rester calme quelques minutes.
  • Placer l’avant-bras sur une surface plane, à hauteur du milieu du sternum. Si la table est trop basse, utiliser un coussin ou une pile de livres pour surélever le bras.
  • Garder le dos et les pieds bien appuyés, sans croiser les jambes.
  • Ne pas tenir le bras en l’air ni le laisser pendre sur le côté.

En cabinet, il est possible de demander à ce que l’on pose le bras sur la table ou de prévoir un support. Des chercheurs de Johns Hopkins envisagent même d’ajouter un rappel visuel sur les appareils, comme « Rest arm on table », pour encourager cette bonne pratique. Respecter systématiquement cette position pourrait éviter des milliers de prescriptions inutiles chaque année, tout en permettant de mieux identifier ceux qui ont réellement besoin d’un traitement.

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