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Syndrome de l’intestin irritable : le piège du diagnostic difficile

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Le syndrome de l’intestin irritable : une maladie difficile à diagnostiquer

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) touche environ 4 à 5 % des Français. Bien qu’il ne soit pas grave, il peut fortement impacter la qualité de vie des personnes concernées, notamment si une erreur de diagnostic est commise.

Ce trouble, qui n’est pas une maladie en soi mais un problème de sensibilité du système digestif, se manifeste par des douleurs abdominales, des ballonnements et des troubles du transit. Le professeur Jean-Christophe Saurin, spécialiste en hépato-gastro-entérologie, explique que le SII peut apparaître à l’âge adulte, souvent après une infection virale comme une gastro-entérite ou un épisode grippal. Il souligne également le rôle du stress et des difficultés personnelles, qui peuvent favoriser l’apparition de ce syndrome, notamment chez des personnes ayant vécu des traumatismes.

Le diagnostic : une étape cruciale

Une erreur fréquente consiste à diagnostiquer un SII alors que ce n’est pas le cas. Le diagnostic médical repose avant tout sur une procédure d’exclusion. Le médecin doit éliminer d’autres maladies présentant des symptômes similaires, comme la maladie cœliaque, la maladie de Crohn, ou encore certains cancers digestifs. Ces affections nécessitent des examens spécifiques, surtout si les symptômes ne sont pas typiques.

Le SII est principalement dû à une hypersensibilité accrue aux douleurs abdominales. Les traitements efficaces visent à réduire cette sensibilité pour soulager les symptômes. L’objectif principal pour le professionnel de santé est de ne pas manquer une pathologie plus grave, tout en évitant de minimiser la douleur ressentie par le patient.

Les régimes alimentaires : attention aux erreurs

Selon le professeur Saurin, la plus grande erreur que peuvent faire les patients souffrant de SII est de suivre des régimes alimentaires à la mode, comme l’élimination du gluten (dans les cas où il n’y a pas de maladie cœliaque) ou des régimes sans résidus. Certains prétendent que ces régimes peuvent faire disparaître les douleurs, mais ce n’est que partiellement vrai et cela peut être dangereux à long terme.

En effet, ces régimes d’exclusion peuvent entraîner des carences nutritionnelles, augmenter le risque cardiovasculaire ou provoquer une prise de poids. Certains patients n’osent plus manger, tandis que d’autres ne savent plus quoi mettre dans leur assiette. Ces régimes ne sont pas recommandés pour ces patients, sauf avis médical précis.

Conseils pour gérer le syndrome

Le médecin conseille d’être vigilant quant aux aliments déclencheurs, sans pour autant tomber dans l’angoisse à chaque douleur. La sensibilité à certains aliments varie beaucoup d’une personne à l’autre. Il est donc préférable de limiter certains aliments sans exclure totalement des groupes entiers.

En cas de douleurs abdominales persistantes, il est recommandé de consulter un gastro-entérologue plutôt que de se tourner vers des thérapeutes non spécialisés. Le SII n’est pas une maladie dangereuse, et même si elle ne peut pas être guérie complètement, il est possible d’améliorer la gestion des symptômes et le seuil de la douleur.

Propos recueillis en mars 2026 auprès du Professeur Jean-Christophe Saurin, spécialiste en hépato-gastro-entérologie.

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