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Vitamine D et démence : le secret pour préserver votre cerveau

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Le lien entre vitamine D et démence : ce que révèlent les études

Une carence en vitamine D ne se limite pas à fragiliser les os. Depuis plusieurs années, des chercheurs, notamment l’unité Bordeaux Population Health (Inserm unité 1219), suspectent un lien entre ce déficit et la démence, en particulier la maladie d’Alzheimer. Des études importantes ont montré que des taux très faibles de cette « vitamine du soleil » sont associés à un risque accru de troubles cognitifs.

Une question de santé publique

Les scientifiques se demandent si une carence en vitamine D augmente réellement le risque de perdre la mémoire avec l’âge. Plusieurs travaux, dont ceux de l’Inserm, de la cohorte britannique UK Biobank ou des méta-analyses internationales, suggèrent un lien, surtout chez les personnes très déficientes. Cependant, ils précisent qu’aucune pilule ne peut garantir à elle seule la prévention de la démence.

Les résultats des grandes études sur la vitamine D et la démence

Dans l’étude « Trois Cités » (3C), menée à Bordeaux, 916 personnes âgées non démentes ont été suivies pendant douze ans. En 2017, il a été rapporté qu’environ 25 % d’entre elles souffraient d’une carence en vitamine D, et 60 % d’une insuffisance. Ces profils présentaient un risque deux fois plus élevé de développer une démence, et près de trois fois plus de maladie d’Alzheimer, comparés à ceux dont le taux était satisfaisant.

Une autre étude, UK Biobank, utilisant la méthode de la « randomisation mendélienne », a montré qu’un taux très bas de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D), le marqueur sanguin de référence, augmentait d’environ 54 % le risque de démence par rapport à un taux plus élevé. Les chercheurs estiment qu’une partie de ces cas pourrait être évitée si les niveaux très faibles étaient corrigés. Des revues systématiques confirment aussi qu’une carence sévère, en dessous de 25 nmol/L, augmente le risque de près de 50 %.

Pourquoi la vitamine D attire l’attention des chercheurs

La vitamine D agit comme une hormone, avec des récepteurs présents dans plusieurs régions du cerveau, notamment celles impliquées dans la mémoire et l’humeur. Des études expérimentales suggèrent qu’elle pourrait protéger les neurones, réduire l’inflammation et influencer la santé des vaisseaux sanguins du cerveau. Ces éléments rendent crédible le lien entre carence en vitamine D et risque de démence, même si cela ne prouve pas encore une relation de cause à effet.

Par ailleurs, l’équipe de Bordeaux a aussi étudié l’impact de la nutrition dans son ensemble. Elle a constaté que lorsque la vitamine D, les caroténoïdes (antioxydants présents dans les fruits et légumes colorés) et les acides gras polyinsaturés (les « bonnes graisses » des poissons gras ou des huiles végétales) étaient faibles, le risque de démence et d’Alzheimer était multiplié par quatre. Cela souligne l’importance d’un mode de vie équilibré pour préserver la santé du cerveau.

Quels repères pour la vitamine D et que faire en pratique ?

Les études ne s’accordent pas toutes sur la valeur idéale de la vitamine D, mais plusieurs indiquent que le risque augmente lorsque le taux de 25(OH)D tombe sous 25 nmol/L, considéré comme une carence sévère. Les niveaux autour de 50 nmol/L servent souvent de référence. Il est donc important de privilégier des valeurs pas trop basses, surtout chez les personnes âgées peu exposées au soleil.

Une étude américaine, impliquant plus de 12 000 participants, a montré qu’une exposition à la vitamine D (par compléments ou médicaments) était associée à une réduction d’environ 40 % du risque de démence. Cependant, cette étude étant observationnelle, elle ne prouve pas que la supplémentation empêche la démence. La prudence reste de mise : en cas de fatigue, d’ostéoporose ou si la personne a peu de soleil, il est conseillé d’en parler à son médecin. Un bilan sanguin peut être envisagé, ainsi qu’une approche globale intégrant l’activité physique, une alimentation riche en poissons gras et légumes colorés, et un contrôle de la tension et du diabète, qui restent essentiels pour la prévention cognitive.

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