Accueil Santé Une jeune femme victime d’une erreur de diagnostic : son mal etait...

Une jeune femme victime d’une erreur de diagnostic : son mal etait beaucoup plus grave

3
0

Une jeune femme victime de symptômes mal interprétés

À 30 ans, Lily Murphy pensait simplement faire face à une crise d’angoisse. Elle ressentait une fatigue extrême, avait mal au dos, dans la poitrine, et souffrait de difficultés à respirer. Pour cette employée administrative dans le service de dermatologie de l’hôpital de Watford, en Angleterre, les urgences ont rapidement évoqué une cause psychologique, à savoir de l’anxiété.

Cependant, quelques semaines plus tard, des examens médicaux ont révélé la présence d’un mélanome de stade 4. Il s’agissait d’un cancer de la peau très agressif, déjà propagé à ses poumons et à son cou. Comment ces symptômes, si alarmants, ont-ils pu être confondus avec une simple crise d’angoisse ?

Un diagnostic tardif lié à des préjugés

Le récit de Lily, relayé par le journal The Independent, met en lumière un piège fréquent. Chez un jeune patient avec des antécédents d’anxiété, des douleurs thoraciques ou dorsales sont souvent rapidement attribuées à des causes psychologiques. Dans son cas, cette erreur a permis au cancer de progresser avant d’être détecté. Ce scénario illustre le risque que les symptômes graves soient occultés par une étiquette d’anxiété, un phénomène redouté par les spécialistes.

De la naissance d’un grain de beauté à la découverte d’un cancer avancé

L’histoire débute en 2018, lorsque Lily remarque qu’un de ses grains de beauté s’assombrit et saigne. Après quelques séances de UV pour préparer son bronzage, elle consulte un médecin qui lui diagnostique un mélanome de stade 1B. C’est une étape précoce, souvent très curable. Elle subit une large excision et une biopsie du ganglion sentinelle à Londres, en 2019. Les résultats ne montrent aucune extension, et elle pense avoir vaincu le cancer, surtout après avoir réduit sa consommation de UV.

Mais en janvier 2023, tout change. Après un week-end en famille, Lily se sent constamment fatiguée. Elle souffre de douleurs au dos et d’une douleur thoracique violente qui l’empêche de respirer. Ses passages aux urgences sont d’abord attribués à son passé d’anxiété. Ce n’est qu’après plusieurs examens, notamment des scanners, que le diagnostic est confirmé : le mélanome s’est métastasé, atteignant ses poumons et son cou. Elle apprend qu’elle souffre d’un mélanome de stade 4.

Elle commence alors un traitement d’immunothérapie en avril 2023, coûtant environ 15 000 livres par cure. Ce traitement est difficile à supporter, avec des effets secondaires graves comme une allergie sévère et une septicémie. En février 2025, un nouveau médicament commence à réduire la taille de ses tumeurs.

Les symptômes qui se confondent souvent avec l’anxiété

L’anxiété peut provoquer de nombreux symptômes physiques, comme une sensation d’oppression dans la poitrine, des palpitations, une respiration rapide, des tensions musculaires, ainsi que des douleurs diffuses ou des troubles digestifs. La fatigue intense et la sensation de « boule dans la gorge » sont aussi courantes. Ces signes ressemblent beaucoup à ceux d’un problème cardiaque, d’une embolie pulmonaire, d’une pneumonie ou d’un cancer du poumon. Seul un examen médical peut faire la différence.

Les cardiologues rappellent que, pour une douleur thoracique, l’anxiété doit être considérée comme un diagnostic d’exclusion. Il faut d’abord éliminer les causes cardiaques, pulmonaires ou digestives. Certains articles soulignent que le diagnostic d’anxiété peut masquer une maladie grave. Par exemple, une douleur dans le dos ou dans les trapèzes, souvent perçue comme musculaire ou liée au stress, peut en réalité être une douleur provenant d’un cancer du poumon ou de métastases vertébrales. Si ces douleurs s’accompagnent d’autres signes comme une toux persistante, une perte de poids involontaire, un essoufflement ou une grande fatigue, il devient risqué de rester uniquement sur le diagnostic d’angoisse.

Quand consulter rapidement et comment éviter les erreurs

Les urgences recommandent de consulter immédiatement en cas de douleur thoracique persistante, d’apparition brutale, ou si elle s’accompagne de malaise, sueurs froides, vomissements ou difficultés à respirer. Il faut aussi consulter en cas d’un essoufflement soudain, d’une toux qui dure plusieurs semaines, ou si une douleur au dos ou à l’épaule s’aggrave ou réveille la nuit. Lorsqu’on pense que ses symptômes sont liés à l’anxiété mais qu’ils persistent, il est important de demander à son médecin si des examens complémentaires ont été réalisés, tels qu’un ECG, une prise de sang ou une imagerie thoracique.

Pour le mélanome, il est crucial de ne pas attendre l’apparition de métastases. Tout grain de beauté qui change d’aspect, s’assombrit, saigne ou démange doit rapidement être montré à un dermatologue. Selon Cancer Research UK, environ 9 mélanomes sur 10 pourraient être évités en se protégeant du soleil et en évitant les cabines UV. L’Organisation mondiale de la santé estime que chaque année, plus de 10 000 cas de mélanome sont liés à l’utilisation de ces appareils. Lily insiste sur l’interdiction des cabines UV, soulignant que leur interdiction pourrait sauver des vies et réduire les coûts pour le système de santé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici