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Une bactérie de l’estomac pourrait prévenir Alzheimer découvrez comment

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Une bactérie de l’estomac pourrait protéger contre Alzheimer

Selon une étude récente, la maladie d’Alzheimer, qui représente 60 à 70 % des cas de démence dans le monde, pourrait être influencée par une bactérie présente dans l’estomac. En effet, Helicobacter pylori, connue pour provoquer des ulcères, pourrait également jouer un rôle protecteur pour le cerveau.

Des chercheurs ont découvert qu’un fragment de protéine, nommé CagAN, extrait de cette bactérie, pouvait en laboratoire empêcher la formation de protéines toxiques impliquées dans Alzheimer, comme l’amyloïde‑β et la protéine tau. Cependant, cette même bactérie est aussi associée à un risque accru de démence, ce qui soulève un véritable dilemme : faut-il la éliminer ou l’étudier pour développer de nouveaux traitements ?

Alzheimer, l’importance des protéines amyloïde et tau

Dans le cerveau, l’amyloïde‑β forme des plaques collantes entre les neurones, tandis que la protéine tau s’accumule à l’intérieur des cellules, formant des enchevêtrements mortels. Ces deux anomalies sont considérées comme la signature biologique de la maladie d’Alzheimer, selon l’hypothèse amyloïde.

Pour traiter cette maladie, des anticorps monoclonaux ont été développés pour cibler principalement l’amyloïde‑β. Certains sont même autorisés aux États-Unis, mais uniquement pour les stades très précoces. Ces traitements ne permettent pas d’inverser les dégâts déjà causés et peuvent entraîner des effets secondaires graves, comme des œdèmes ou des saignements cérébraux. La protéine tau reste encore difficile à cibler, ce qui motive la recherche de molécules capables d’agir sur les deux protéines.

Helicobacter pylori, une bactérie à double face

Présente chez environ une personne sur deux dans le monde, Helicobacter pylori colonise la muqueuse de l’estomac. Elle est responsable de la majorité des ulcères et de plus de 80 % des cancers gastriques. Son dépistage se fait par des tests respiratoires, des analyses de selles ou des prélèvements lors d’endoscopies, suivis d’un traitement antibiotique pour l’éliminer.

Une étude menée par l’université McGill, portant sur plus de 4,2 millions de Britanniques âgés de 50 ans et plus, a montré qu’une infection symptomatique à H. pylori augmente le risque d’Alzheimer de 11 % en moyenne. Ce risque peut atteindre 24 % environ dix ans après l’infection. Ces résultats s’inscrivent dans une tendance générale, avec des méta-analyses montrant un lien entre H. pylori et la démence.

Les mécanismes évoqués comprennent une inflammation chronique, des carences en vitamine B12 et en folates, ainsi qu’un déséquilibre du microbiote intestinal, pouvant influencer l’axe intestin‑cerveau.

CagAN, un fragment protecteur mais pas une invitation à l’infection

Les chercheurs ont étudié la façon dont H. pylori interagit avec d’autres microbes dans des biofilms, ces communautés bactériques organisées autour de structures amyloïdes. En se concentrant sur la protéine CagA, connue pour ses effets toxiques, ils ont isolé sa partie N-terminale, appelée CagAN.

Les tests effectués sur des bactéries comme Escherichia coli et Pseudomonas ont montré que CagAN réduit la formation d’amas amyloïdes et de biofilms. Ensuite, en incubant des protéines humaines, telles que l’amyloïde‑β ou tau, avec ce fragment, les chercheurs ont constaté une importante diminution de la formation de structures toxiques, visibles par fluorescence et microscopie électronique.

Selon l’autrice de l’étude, même à faible concentration, CagAN empêche presque totalement l’agrégation de l’amyloïde‑β. Il a également bloqué l’agrégation d’autres protéines impliquées dans des maladies comme le diabète de type 2 ou Parkinson. Cependant, ces résultats restent pour l’instant limités aux expériences en laboratoire, sans validation chez l’animal ou chez l’humain.

Les chercheurs envisagent la possibilité qu’un jour, la médecine puisse exploiter ces fragments pour développer des médicaments. L’objectif serait de tirer parti des parties bénéfiques de H. pylori, sans maintenir l’infection elle-même. Pour le moment, il reste essentiel de traiter l’infection à H. pylori pour réduire les risques digestifs et peut-être aussi neurologiques à long terme.

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