Le magnésium : un minéral essentiel contre la fatigue, pour le poids et la protection rénale lors de chimiothérapies
Le magnésium est un minéral très présent dans les rayons des compléments alimentaires et utilisé en oncologie. On lui prête souvent des vertus pour lutter contre la fatigue, aider à contrôler le poids, ou protéger les reins lors de traitements par chimiothérapie au cisplatine. Mais qu’en disent réellement les études scientifiques ? Où s’arrêtent les promesses ?
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), près de 70 % des adultes en France ne consomment pas assez de magnésium. Ce déficit peut entraîner une fatigue généralisée, des crampes ou un sommeil léger. Par ailleurs, les oncologues utilisent parfois des perfusions de magnésium pour limiter les dommages rénaux liés au cisplatine, un traitement contre le cancer, ce qui suscite l’intérêt des patients.
Magnésium, fatigue et énergie : un lien essentiel
D’après l’étude INCA3, l’apport moyen en magnésium des Français est d’environ 292 mg par jour, en dessous des recommandations (environ 360 mg pour les femmes et 420 mg pour les hommes). Le magnésium joue un rôle crucial dans plus de 300 réactions chimiques, notamment celles qui produisent l’ATP, la principale source d’énergie de nos cellules. En cas de carence, la fatigue peut s’installer malgré le repos, accompagnée parfois d’irritabilité ou de migraines.
Plusieurs essais cliniques montrent qu’une supplémentation de 300 à 400 mg de magnésium par jour, sous forme bien absorbée (bisglycinate, citrate…), pendant 4 à 12 semaines, permet de réduire significativement la fatigue chez les personnes souffrant d’une carence. Les premiers effets sont souvent observés entre une et deux semaines. En revanche, chez les personnes dont le taux de magnésium est déjà suffisant, l’impact sur l’énergie est plus limité. Il est donc conseillé de vérifier l’état global (fer, thyroïde, sommeil) avant toute supplémentation.
Magnésium, poids et perte de poids : un soutien discret
Une revue de 2020, citée par le site britannique Medical News Today, indique une légère baisse de l’indice de masse corporelle (IMC) chez certains groupes supplémentés en magnésium, notamment chez des femmes en surpoids présentant une insulino‑résistance ou un déficit avéré en ce minéral. Chez la population générale, l’effet sur la perte de poids reste modeste. Toutefois, corriger une carence en magnésium peut aider à mieux dormir, réduire le stress, diminuer les fringales sucrées, et favoriser une alimentation plus équilibrée riche en légumes, légumineuses, céréales complètes ou oléagineux.
Le rôle du magnésium dans la protection des reins lors de traitements au cisplatine
Le cisplatine est un médicament anticancéreux dont la concentration dans le tubule rénal peut entraîner une insuffisance rénale aiguë dans 30 à 40 % des cas, sans prévention adaptée, rappelle la revue française Néphrologie et Thérapeutique. Ce traitement provoque aussi une fuite de magnésium dans l’urine, entraînant une hypomagnésémie, parfois sévère.
Les méta‑analyses récentes montrent qu’ajouter du magnésium en perfusion lors de l’hydratation préventive réduit fortement le risque d’insuffisance rénale. Une étude française de 2018, portant sur 1881 patients, indique que l’ajout de magnésium intraveineux diminue d’environ 76 % le risque d’insuffisance rénale aiguë. Une autre synthèse, publiée par l’éditeur MDPI, confirme ce résultat avec un risque réduit proche de 78 %.
De plus, la Société Française de Pharmacie Oncologique rapporte qu’avec une perfusion de 2,46 g de magnésium IV, aucun cas de néphrotoxicité n’a été observé chez 58 patients, contre 11 cas sans complément de magnésium.
Dans ce contexte, le magnésium n’est pas un simple complément « naturel » mais un médicament administré en perfusion et sous surveillance médicale. La dose couramment utilisée lors de chimiothérapies est d’environ 2 à 2,5 g le jour de la séance. Pour le grand public, les recommandations restent celles des autorités, soit environ 310 à 320 mg par jour pour les femmes et 400 à 420 mg pour les hommes. Il est essentiel de ne pas prendre de suppléments oraux de magnésium en cas de traitement au cisplatine ou de reins fragiles, sans avis médical.






