Combien de kilos peut-on perdre en une semaine ?
Les réseaux sociaux et les magazines féminins promettent souvent de perdre 5 kg en 7 jours, notamment avant un mariage ou des vacances. Cela suscite une question fréquente : combien de kilos peut-on perdre en une semaine sans mettre sa santé en danger, et cette perte est-elle durable ?
Les recommandations pour une perte de poids saine
Il est important de savoir que, pour éviter les troubles alimentaires, la perte de poids doit rester modérée. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), une perte de 1 à 2 livres par semaine, soit environ 0,45 à 0,9 kg, est considérée comme sûre si elle se fait progressivement. Les experts francophones s’accordent aussi sur une fourchette similaire : 0,5 à 1 kg par semaine, avec un maximum d’un kilogramme. Cette perte correspond généralement à un déficit calorique d’environ 500 à 1 000 kcal par jour, car 1 kg de graisse représente près de 7 000 kcal.
Au-delà de cette limite, le corps commence à puiser davantage dans la masse musculaire, ce qui peut ralentir le métabolisme et favoriser l’effet yo-yo. La spécialiste Caroline Apovian souligne que ceux qui perdent du poids rapidement ont souvent tendance à le reprendre. Les régimes très restrictifs conduisent fréquemment à une reprise de poids rapide, parfois supérieure au poids initial.
Pourquoi la balance peut indiquer une perte plus importante en une semaine
Certains programmes très encadrés peuvent donner des résultats plus visibles sur la balance en une semaine. La diététicienne Lauren Slayton, fondatrice de Foodtrainers, explique que « une semaine d’alimentation ciblée avant un événement peut redonner confiance, à condition que ce ne soit pas extrême ou punitif ». Selon elle, certains clients peuvent perdre jusqu’à 2,3 kg en sept jours, soit environ 5 livres.
Cependant, Lauren Slayton met en garde : « Vous ne perdez pas plus de graisse corporelle que cela en une semaine. La majorité de la perte est liée à l’eau et aux réserves de glycogène. » Elle recommande aussi des aliments dits « dégonflants » comme l’avocat, les asperges ou le thé de pissenlit. Ces aliments ne font pas perdre plus de graisse, mais peuvent aider à réduire la sensation de ballonnement.
Risques liés aux comportements extrêmes
Pour éviter de tomber dans des comportements à risque, Lauren Slayton insiste : « Il ne faut pas faire de doubles séances, prendre des laxatifs, compter de manière obsessionnelle ou sauter des repas de façon agressive. » Les brochures de santé publique déconseillent aussi les régimes très hypocaloriques inférieurs à 1 200 kcal par jour, qui peuvent entraîner fatigue, carences et reprises de poids rapides.
La psychothérapeute Margo Maine rappelle enfin que la perte de poids n’est pas toujours nécessaire. Elle explique qu’il n’est pas indispensable d’avoir le même poids qu’à 20, 30 ou 50 ans, car avec l’âge, il est naturel de prendre du poids ou d’avoir une répartition différente. Les médecins recommandent plutôt une baisse lente et progressive, de 0,5 à 1 kg par semaine, jusqu’à 5 à 10 % du poids initial, pour une démarche durable.
Le contexte en France
En France, le gouvernement estime qu’au moins 900 000 personnes souffrent d’un trouble du comportement alimentaire (TCA) diagnostiqué. Il existe aussi des formes syndromiques, où les critères médicaux ne sont pas tous remplis pour diagnostiquer une anorexie, une boulimie ou une hyperphagie boulimique, mais qui génèrent une souffrance psychologique et des risques physiques. Malheureusement, ces troubles restent souvent peu repérés et insuffisamment pris en charge.






