Une étude remet en question l’effet protecteur des oméga-3 sur la mémoire
Depuis plusieurs années, de nombreux seniors prennent des compléments alimentaires riches en acides gras oméga-3, pensant qu’ils pourraient préserver leur mémoire et ralentir le déclin cognitif. Pourtant, les recherches scientifiques n’ont pas confirmé ces bénéfices.
En 2015, une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) a suivi près de 4 000 personnes âgées, avec une moyenne d’âge d’environ 72 ans. Les résultats ont montré qu’il n’y avait pas de ralentissement du déclin cognitif chez ceux qui prenaient des oméga-3 par rapport à un groupe placebo. Par ailleurs, une revue Cochrane sur des patients atteints de démence n’a pas trouvé de bénéfice clair ni de danger majeur associé à la consommation d’oméga-3. L’essai VITACOG a cependant montré qu’une supplémentation en vitamines B pouvait réduire de 40 % l’atrophie cérébrale, mais uniquement chez les personnes ayant des taux sanguins élevés d’oméga-3.
Une nouvelle étude suggère un effet contraire
Une récente analyse, réalisée à partir de la base de données de l’Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative (ADNI) et publiée dans The Journal of Prevention of Alzheimer’s Disease, remet en question l’idée que ces compléments protègent la mémoire. Selon cette étude, les consommateurs d’oméga-3 présentent un déclin plus rapide lors de tests de mémoire et d’autonomie. De plus, ils montrent une baisse du métabolisme du glucose dans le cerveau, un signe souvent associé à la progression de maladies neurodégénératives.
Une étude observationnelle avec ses limites
Les chercheurs ont comparé 273 utilisateurs de compléments d’oméga-3 à 546 non-utilisateurs, en veillant à ce que les deux groupes soient similaires en âge, sexe, diagnostic et présence de l’allèle APOE ε4, facteur de risque génétique de la maladie d’Alzheimer. Sur une période de cinq ans, les scores aux tests cognitifs tels que le MMSE, l’ADAS-Cog13 et le CDR-SB ont diminué plus rapidement chez les consommateurs de compléments.
Les examens d’imagerie n’ont pas révélé une augmentation des dépôts amyloïdes ou de protéines tau, typiques de la maladie d’Alzheimer. En revanche, le métabolisme du glucose dans le cerveau était plus faible chez ces patients. Les auteurs expliquent que la supplémentation en oméga-3 pourrait être liée à un déclin cognitif accéléré, possiblement en affectant la fonction des synapses cérébrales, plutôt que par les mécanismes classiques de la maladie.
Ils soulignent que ces résultats remettent en question l’image d’un rôle protecteur des oméga-3 et insistent sur la nécessité de réaliser de nouvelles études cliniques pour confirmer ces observations.
Que faire pour préserver ses capacités cognitives ?
En attendant de mieux comprendre l’impact des compléments en oméga-3, il est conseillé aux seniors de faire preuve de prudence. Il ne faut pas débuter une cure sans en parler d’abord à son médecin.
Pour protéger sa mémoire, il est recommandé de rester actif physiquement (au moins 150 minutes d’exercice par semaine), d’adopter un régime méditerranéen, reconnu pour ses bienfaits sur le cerveau, de dormir sept à huit heures par nuit, de limiter sa consommation d’alcool, de maintenir des liens sociaux forts et de continuer à apprendre tout au long de la vie.






