Le lipoedème est un trouble qui provoque une déformation progressive des jambes, souvent accompagnée de douleurs et de complexes chez les femmes. Selon le Dr Jean-Paul Belgrado, chercheur en lymphologie, cette déformation débute généralement au niveau des hanches. L’ex-Miss France Camille Cerf a d’ailleurs évoqué publiquement sa propre expérience avec cette condition.
Qu’est-ce que le lipoedème ? Une maladie ?
Le Dr Belgrado précise que le lipœdème est un syndrome, non une maladie. Il se manifeste par une répartition anormale des graisses, une fragilité des vaisseaux capillaires entraînant des petits hématomes, ainsi qu’une souplesse inhabituelle des articulations comme celles des genoux, des chevilles ou des coudes. On observe aussi une insuffisance veineuse superficielle qui favorise l’apparition de varices et de vergetures, notamment autour des articulations. Contrairement à l’obésité, où la graisse se répartit sur tout le corps, le lipœdème commence souvent par une accumulation symétrique de graisse au niveau des hanches, de la face interne des cuisses et des fesses. La graisse du lipœdème est également plus décompactée, contrairement à celle de l’obésité qui est plus compacte.
Quels sont les symptômes du lipoedème ?
Le Dr Belgrado explique que les femmes atteintes voient leur jambe se déformer avec le temps, débutant souvent par les hanches. À l’adolescence, ces femmes présentent des dépôts de graisse plus importants que la moyenne, surtout au niveau des hanches, des cuisses et des fesses. Leur tronc reste généralement fin, avec une poitrine peu développée. Vers 18 ans, ces dépôts s’étendent à la racine des cuisses, puis, à 30 ans, ils descendent vers les genoux et les jambes, donnant un aspect matelassé à la peau. Les chevilles et les poignets restent fins, et les pieds ne sont pas particulièrement grands. Entre 30 et 40 ans, la graisse continue de progresser vers le bas, envahissant aussi la face arrière des bras. À partir de 40 ans, des signes de lymphoedème apparaissent avec un gonflement dû à un ralentissement ou un blocage de la circulation de la lymphe. D’autres symptômes, comme une légère perte de cheveux et des troubles de la thyroïde, peuvent aussi survenir.
Quels sont les examens pour diagnostiquer un lipœdème ?
Le diagnostic repose principalement sur un examen clinique. Le Dr Belgrado souligne que la recherche de signes caractéristiques est la première étape. Aucune analyse ou test spécifique ne permet de confirmer avec certitude un lipœdème. Il peut être difficile de faire la différence avec l’obésité, surtout si la personne présente un surpoids général. Certains signes distinctifs incluent l’incapacité à perdre de la graisse localisée malgré une activité physique régulière ou un régime strict. Les femmes atteintes ont souvent des amas graisseux résistants au traitement, concentrés au niveau des hanches, des cuisses, des fesses et des jambes, qui restent visibles même après des efforts importants.
Quelles sont les causes du lipœdème ?
Les causes exactes du lipœdème restent mal comprises. Le phénomène semble multifactoriel, impliquant des facteurs hormonaux, la composition du collagène, ainsi que des éléments génétiques. Le Dr Belgrado précise que des recherches sont en cours pour mieux comprendre cette pathologie. Le collagène, qui entoure normalement les cellules graisseuses, semble jouer un rôle moins mécanique dans ce syndrome.
Quels sont les traitements du lipœdème ?
Le lipœdème est encore mal compris par la communauté scientifique, ce qui complique sa prise en charge. Les traitements disponibles sont peu nombreux et leur efficacité varie selon le stade d’évolution du syndrome. Selon les experts, les outils thérapeutiques existent mais restent limités.
Un des meilleurs sports est l’aquagym.
L’opération est-elle efficace ?
Pour beaucoup de femmes, la chirurgie, notamment la liposuccion, apparaît comme une solution définitive. Cependant, le Dr Vandermeeren explique que si cette intervention peut donner de bons résultats dans les premières années, les amas graisseux ont tendance à revenir. De plus, la réduction gastrique n’est souvent pas très efficace, car la graisse ne disparaît pas aux endroits « maudits ». La chirurgie comporte aussi des risques, notamment la lésion des collecteurs lymphatiques, pouvant entraîner un lymphœdème secondaire. Il est crucial que ces opérations soient réalisées par des chirurgiens expérimentés, en évitant de traiter les zones où passent les grands collecteurs lymphatiques.
Quels traitements naturels sans chirurgie ?
Plusieurs méthodes naturelles peuvent aider à limiter l’évolution du lipœdème :
- La « Jeansthérapie » : Porter un jean non élastique bien serré peut favoriser la circulation lymphatique en créant des pressions lors de la marche.
- Les bas de contention : Des bas sur mesure, de classe 2 ou 3, peuvent réduire l’œdème et ralentir la progression du syndrome.
- Les bandages de mousse : Des bandages épaissis et élastiques entourent le membre pour favoriser la circulation lors d’exercices physiques.
- L’alimentation : Il est conseillé de limiter la consommation de sucres et de sel, qui peuvent aggraver le syndrome.
- Le sport : L’activité physique reste essentielle pour prévenir la prise de poids. L’aquagym, notamment avec des combinaisons en néoprène, est particulièrement recommandée.
- Le suivi psychologique : La dimension psychologique est importante, car le lipœdème peut fortement affecter l’estime de soi. L’accompagnement par des professionnels est souvent nécessaire.






