Une injection expérimentale pour faire fondre la graisse abdominale
Alors que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié un rapport de pharmacovigilance alertant sur les effets secondaires des analogues du GLP-1 (comme Wegovy, Mounjaro ou Ozempic), des chercheurs continuent d’explorer de nouvelles pistes pour traiter l’obésité.
Lors du congrès annuel de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD), qui s’est tenu à Milan, des scientifiques ont présenté un médicament encore en phase d’expérimentation. Ce traitement vise à détruire directement les cellules graisseuses.
Le médicament CBL-514
Ce nouveau composé, nommé CBL-514, cible les adipocytes, c’est-à-dire les cellules qui stockent la graisse, et provoque leur autodestruction. L’objectif est de réduire deux types de graisse : celle située sous la peau, que l’on peut pincer, et la graisse viscérale, qui entoure les organes à l’intérieur du ventre.
Des résultats prometteurs en quelques semaines
La graisse viscérale est particulièrement surveillée car son excès est lié à des risques pour la santé, comme le diabète de type 2 ou les maladies cardiaques. Lors d’essais cliniques de phase 2, 69,6 % des participants ayant reçu le CBL-514 ont perdu au moins 150 ml de graisse sous-cutanée après huit semaines. En ce qui concerne la graisse viscérale, son volume a diminué en moyenne de 12 % quatre semaines après la dernière injection.
Des tests sur des rats ont aussi montré que l’association du CBL-514 avec le tirzépatide (la molécule utilisée dans Mounjaro) entraînait une perte de poids plus importante que le tirzépatide seul. De plus, ces animaux reprenaient moins de poids après l’arrêt du traitement. Ces résultats intéressent particulièrement les chercheurs, car beaucoup de personnes reprennent une partie du poids perdu après un traitement injectable. La diminution des cellules graisseuses pourrait-elle freiner cette reprise ?
Quelle suite pour ce traitement ?
Lors des premiers essais, le CBL-514 a été généralement bien toléré. Les effets secondaires principalement rapportés concernaient des réactions temporaires au site d’injection, comme des douleurs, des gonflements ou des rougeurs. Aucun effet grave n’a été observé à ce stade.
Cependant, le recul reste limité. Des essais de phase 3, plus larges, sont nécessaires pour mieux évaluer l’efficacité et la sécurité du traitement. Il faudra attendre ces résultats pour savoir si cette injection pourra réduire durablement la graisse abdominale et quelle place elle pourrait occuper dans la lutte contre l’obésité.






