Accueil Santé Médicaments anti-obésité : quels risques cachés derrière Wegovy Mounjaro et Ozempic

Médicaments anti-obésité : quels risques cachés derrière Wegovy Mounjaro et Ozempic

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Les médicaments tels que Wegovy, Mounjaro ou Ozempic, connus comme des « analogues du GLP-1 », sont largement utilisés pour traiter le diabète de type 2 et l’obésité. Pour surveiller leurs effets, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé une enquête de pharmacovigilance menée par des experts en plusieurs régions de France. Le troisième rapport publié par l’agence se concentre sur les effets indésirables déclarés entre février 2025 et janvier 2026.

Durant cette période, plus de 840 000 personnes en France ont reçu un traitement avec ces médicaments. L’ANSM a recensé 2 801 signalements d’effets indésirables, dont 515 cas graves. Parmi eux, cinq cas de pancréatite ont été rapportés. Malgré ces chiffres, l’agence maintient que le rapport bénéfice-risque de ces médicaments reste favorable, à condition qu’ils soient utilisés selon les recommandations médicales. Un suivi médical régulier permet de détecter rapidement les signes d’effets indésirables graves et d’adapter le traitement si nécessaire.

Une majorité d’obtention hors prescription

Un problème majeur ressort de cette enquête : deux tiers des médicaments ont été obtenus en dehors d’une prescription officielle. Certains patients se procurent ces traitements sur Internet, auprès de leur entourage ou à l’étranger. Parmi les effets indésirables signalés liés à un usage inapproprié, 36 cas ont été liés à un mésusage pour perdre du poids, dont 17 graves, avec notamment les cinq cas de pancréatite aiguë, une inflammation grave du pancréas. Ce risque, déjà connu, est indiqué dans les notices des médicaments.

L’ANSM souligne que ces mésusages concernent principalement des jeunes. La majorité des patients ont obtenu ces médicaments hors des circuits officiels et ont souvent augmenté les doses trop rapidement ou de façon excessive par rapport aux recommandations médicales.

Deux décès liés à un mésusage suspectés

Selon l’agence, deux décès pourraient être liés à un mésusage de ces traitements. Elle insiste sur le fait que les analogues du GLP-1 doivent toujours être obtenus sur ordonnance et sous suivi médical. Se les procurer sans prescription ou en dehors d’une pharmacie comporte des risques importants pour la santé.

Le rapport mentionne également deux cas de décès possibles liés à une pancréatite aiguë, sans que cela puisse être formellement établi comme cause directe. Ces cas restent à étudier plus en détail.

Risques d’interactions médicamenteuses et autres effets

Outre la pancréatite, d’autres effets indésirables sont fréquents, notamment des troubles digestifs comme nausées, vomissements, diarrhées et douleurs abdominales. Ces symptômes peuvent parfois nécessiter une hospitalisation.

L’ANSM met également en garde contre les risques liés aux interactions avec d’autres médicaments, notamment les anticoagulants. Certaines personnes diabétiques prenant de la metformine pourraient aussi présenter un risque accru d’acidose lactique, surtout en cas de déshydratation causée par des vomissements. Deux décès durant cette période pourraient être liés à ce mécanisme.

Vigilance accrue à l’échelle européenne

Des effets indésirables supplémentaires font l’objet d’une surveillance renforcée, notamment au niveau européen. Parmi eux figurent des atteintes ophtalmologiques, comme l’aggravation de rétinopathies ou des inflammations du nerf optique. D’autres risques incluent des inflammations de la vésicule biliaire, des troubles hépatiques, des accidents vasculaires cérébraux ou encore des troubles de l’érection.

Une attention particulière est aussi portée à la contraception. Des signalements de grossesses non désirées chez des femmes utilisant ces médicaments ont conduit à une évaluation européenne. L’ANSM rappelle que ces traitements ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse et qu’un arrêt doit intervenir dès qu’une grossesse est confirmée.

Malgré ces alertes, l’agence ne remet pas en question l’utilisation de ces traitements lorsqu’ils sont prescrits dans le cadre des recommandations. Elle souligne l’importance d’une organisation adaptée pour une prise en charge sécurisée.

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