Accueil Santé Nouveau traitement révolutionnaire pour le cancer de la prostate

Nouveau traitement révolutionnaire pour le cancer de la prostate

3
0

Une nouvelle approche pour le traitement du cancer de la prostate haut risque

Chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate localisé mais considéré à haut risque, la prostatectomie radicale est souvent le traitement de référence. Cependant, près de la moitié de ces patients voient la maladie réapparaître après l’opération. Une étude internationale récente suggère qu’ajouter un traitement à l’anti‑androgène, l’apalutamide, avant et après la chirurgie pourrait améliorer le pronostic. Selon cette étude, cette stratégie permettrait de réduire d’environ 20 % le risque de métastases ou de décès.

Les résultats de l’essai PROTEUS

Il s’agit de l’essai de phase 3 PROTEUS, mené auprès de 2 109 patients dans 18 pays. Présenté lors du congrès ASCO 2026, il compare deux stratégies : une hormonothérapie seule, et une hormonothérapie associée à l’apalutamide. Ce traitement supplémentaire est administré six mois avant puis six mois après la prostatectomie. Après cinq années de suivi, la survie sans métastase est passée de 73,5 % à 78,2 %. Reste à voir si cette approche deviendra une norme dans le traitement du cancer de la prostate.

Les détails de l’étude PROTEUS

Les participants souffraient d’un cancer de la prostate localisé à haut risque ou localement avancé, avec un score de Gleason élevé ou une tumeur proche de la capsule prostatique. Malgré une chirurgie considérée comme curative, 40 à 50 % de ces patients rechutent dans les années qui suivent, soit localement, soit à distance.

Tous ont reçu une hormonothérapie visant à supprimer la testosterone, hormone qui stimule la croissance tumorale. La moitié d’entre eux ont également pris 240 mg d’apalutamide par jour, durant six mois avant puis six mois après l’intervention. Lors de la prostatectomie, 8,9 % des patients sous traitement combiné présentaient une réponse pathologique majeure, contre seulement 1 % dans le groupe traité uniquement par hormonothérapie. Cela indique que la tumeur était souvent fortement réduite en amont.

Une réduction du risque de métastases ou de décès

Après un suivi médian de plus de cinq ans (61,7 mois), l’association apalutamide et hormonothérapie a permis de diminuer de 20 % le risque de développer des métastases ou de décéder, comparé au traitement standard. La survie sans métastase à cinq ans s’établit à 78,2 %, contre 73,5 % avec l’hormonothérapie seule. Cela représente environ cinq hommes supplémentaires sur 100 encore sans métastases après cette période.

Le délai avant de recourir à une nouvelle thérapie lourde a aussi augmenté, passant de 41,5 à 74,2 mois. Par ailleurs, la survie sans événement grave a progressé, passant de 38,4 à 57,1 mois.

Selon la Dre Mary-Ellen Taplin, oncologue au Dana-Farber Cancer Institute, « L’essai PROTEUS démontre que l’ajout d’apalutamide en préopératoire à l’hormonothérapie et à la chirurgie réduit de 20 % le risque de métastases ou de décès ». Elle précise que cette stratégie permet surtout de gagner du temps face à la progression de la maladie, en retardant la nécessité d’autres traitements plus lourds.

Les effets secondaires et la place actuelle de l’apalutamide après chirurgie

Le principal inconvénient reste la fréquence accrue des effets indésirables. Chez 39,6 % des patients recevant l’association, des effets de grade 3 ou 4 ont été observés, notamment des éruptions cutanées. De plus, après des décès liés à la chirurgie, l’évaluation cardiaque préopératoire a été renforcée. En l’état, cette stratégie n’a pas encore reçu d’approbation officielle.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici