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Le Mauvais Cholestérol : Un Facteur Clé dans le Développement du Cancer du Pancréas

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Le cholestérol pourrait favoriser la croissance du cancer du pancréas

Une équipe de chercheurs espagnols a découvert que le « mauvais cholestérol » pourrait jouer un rôle dans le développement de certains cancers du pancréas. Leur étude, publiée en 2022 dans la revue Cancers, montre que des lipoprotéines de basse densité (LDL) agrégées, piégées dans la matrice entourant la tumeur, peuvent nourrir les cellules tumorales.

Le cancer du pancréas, en particulier l’adénocarcinome canalaire (PDAC), est une maladie très agressive. Sa survie à cinq ans ne dépasse pas 9 %. Il représente également la troisième cause de décès par cancer dans les pays développés. Comprendre ce qui alimente sa croissance est donc une priorité pour la recherche.

Ce que révèle l’étude sur le rôle du LDL dans le cancer du pancréas

Les chercheurs du CIBER pour les maladies cardiovasculaires, de l’Institut de recherches biomédicales de Barcelone (IIBB-CSIC), de l’IIB Sant Pau et de l’IMIM ont testé plusieurs lignées de cellules de PDAC, comme PANC-1, RWP-1 et Capan-1. Ces cellules ont été exposées à des LDL « normales » puis à des LDL modifiées en agrégats grâce à une enzyme, la sphingomyélinase, pour simuler ce qui peut se produire dans le tissu tumoral.

Les résultats montrent que face aux LDL agrégées, les cellules tumorales accumulent davantage de cholestérol sous forme d’esters (les cholestérols estérifiés). Cette accumulation, mesurée par le ratio CE/FC, augmente leur prolifération après 48 à 72 heures. La chercheuse Vicenta Llorente explique que ces LDL agrégées pourraient fournir un stock quasi-permanent de cholestérol aux cellules cancéreuses, favorisant leur croissance.

Une matrice extracellulaire comme réservoir local de cholestérol

La matrice extracellulaire est un réseau de protéines et de fibres qui entoure les cellules et donne leur structure aux tissus. Dans le cas du PDAC, cette matrice, appelée stroma, est très dense. Les LDL, surtout celles petites et denses, ont tendance à se coincer dans cette matrice, où elles peuvent s’agréger et se modifier.

Une fois internalisées par les cellules tumorales, ces LDL agrégées libèrent du cholestérol, utilisé pour la fabrication de membranes cellulaires et pour alimenter le métabolisme tumoral. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi un excès de LDL, notamment chez les personnes souffrant d’hypercholestérolémie, est considéré comme un facteur de risque pour le cancer du pancréas.

Les chercheurs précisent cependant que cette étude ne prouve pas que le cholestérol élevé provoque directement le cancer, mais qu’il pourrait contribuer à la modification du microenvironnement tumoral.

Une piste thérapeutique : les peptides anti-agrégation de LDL

Pour explorer des solutions, les chercheurs ont testé des peptides issus du récepteur LRP1, capables d’empêcher l’agrégation des LDL. Le peptide nommé DP3 a été comparé à un peptide témoin, IP321. En présence de LDL agrégées, DP3 a limité la formation de gouttelettes lipidiques, réduit l’accumulation de cholestérol et freiné la prolifération des cellules PANC-1 après 48 et 72 heures. Le peptide témoin n’a pas montré ces effets.

Les scientifiques estiment que ces peptides anti-agrégation pourraient devenir des stratégies thérapeutiques pour lutter contre ce type de cancer. Cependant, ces résultats restent pour l’instant limités à des tests en laboratoire, chez des cellules en culture. Des études complémentaires chez l’animal puis chez l’homme seront nécessaires pour confirmer leur potentiel.

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