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Injections amaigrissantes : perte durable ou effet temporaire ?

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Les injections amaigrissantes : un effet temporaire ?

Les traitements comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ont suscité beaucoup d’espoir. L’idée était qu’en quelques injections, il serait possible de perdre beaucoup de poids, puis d’arrêter le traitement en conservant ce nouveau poids. Cependant, selon les études, cette approche n’est pas aussi simple. Les médicaments agonistes du récepteur du GLP‑1 (GLP‑1 RA) favorisent la perte de poids tant qu’on les utilise, mais l’arrêt conduit souvent à une reprise, parfois rapide.

Ce que révèlent les études sur la reprise de poids

Une méta-analyse publiée en 2025 dans la revue BMC Medicine, menée par Han Wu à l’Université de Pékin, a analysé le suivi de patients après l’arrêt de différents médicaments anti-obésité. Les résultats montrent qu’au bout de huit semaines, la tendance à la reprise de poids devient claire. La question « Peut-on arrêter ces injections sans reprendre du poids ? » reçoit une réponse nuancée : le risque de rebond existe, mais il dépend de plusieurs facteurs, notamment du traitement initial et des mesures complémentaires mises en place.

Les chiffres clés de la reprise de poids

La méta-analyse rassemble 11 études impliquant 1 574 patients traités avec divers médicaments, dont l’orlistat, la combinaison naltrexone/bupropion, le phentermine/topiramate, ainsi que les GLP‑1 RA. Après l’arrêt, certains patients perdaient encore un peu de poids durant les premières semaines, mais cette tendance s’inversait rapidement. En moyenne, la reprise de poids atteignait 1,50 kg autour de la huitième semaine, et environ 2,50 kg à 20 semaines.

Pour le tirzépatide, actif de Mounjaro, une étude indique qu’après 36 semaines de traitement, puis le passage à un placebo, les patients reprenaient presque la moitié du poids perdu en un an. L’Agence européenne des médicaments (EMA) rapporte que, pour le sémaglutide de Wegovy, ceux qui poursuivaient le traitement perdaient encore 8 % de leur poids après 48 semaines, tandis que ceux qui arrêtent reprenaient environ 7 %. Selon une modélisation de l’université de Cambridge, environ 60 % du poids perdu est généralement repris un an après l’arrêt, une partie du poids restant cependant stable.

Pourquoi le poids revient-il après l’arrêt ?

Ces injections reproduisent l’action du GLP‑1, une hormone qui augmente la sensation de satiété, ralentit la vidange de l’estomac et agit sur le cerveau pour réduire l’appétit. Quand le traitement est arrêté, ces effets disparaissent. La faim revient, la vidange gastrique s’accélère, et les habitudes alimentaires peuvent reprendre leur cours. Le métabolisme, quant à lui, reste souvent abaissé suite à la perte de poids.

Une étude publiée par la rédaction scientifique MDR WISSEN montre que les personnes ayant perdu beaucoup de kilos lors du traitement ont tendance à en regagner davantage après l’arrêt, même si elles suivent un accompagnement nutritionnel et une activité physique. La professeure Anja Hilbert, spécialiste en médecine du comportement, conclut que pour stabiliser le poids, une prise en charge prolongée, voire à vie, pourrait être nécessaire.

Les recommandations des spécialistes pour limiter la reprise

Les données montrent que l’obésité doit souvent être considérée comme une maladie chronique. Arrêter les injections sans stratégies complémentaires peut entraîner une reprise de poids. Les autorités comme l’EMA insistent donc sur un suivi médical régulier et une utilisation à long terme de ces traitements.

Certains médecins préconisent une diminution progressive plutôt qu’un arrêt brutal, selon chaque situation. Par ailleurs, le travail hors médicaments reste essentiel. Les experts insistent sur trois axes principaux :

  • Un accompagnement nutritionnel avec des repas réguliers, riches en protéines et en fibres, pour prolonger la sensation de satiété ;
  • Une activité physique régulière, notamment du renforcement musculaire, pour préserver la masse maigre et augmenter la dépense énergétique ;
  • Un soutien psychologique ou comportemental pour anticiper le retour des fringales et automatisme alimentaires.

Le diabétologue Stephan Martin souligne que beaucoup de patients arrêtent rapidement leur traitement. Aux États-Unis, deux tiers des personnes traitées pour l’obésité ont arrêté en un an. Il évoque plusieurs raisons possibles : le coût du traitement ou le sentiment d’avoir atteint un poids stable. Pour lui, il est crucial d’expliquer que ces injections ouvrent une fenêtre pour changer, mais que la réussite à long terme dépend aussi du mode de vie et du suivi médical.

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