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Infarctus surprise : le cauchemar d’un diagnostic tardif

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Une histoire révélatrice d’un diagnostic tardif

Une femme se rend aux urgences, essoufflée, en sueur, avec une douleur dans le dos qui irradie vers le bras gauche. Après examens, tout semble normal. Elle retourne chez elle. Le lendemain, un cardiologue évoque une crise d’angoisse. Cependant, dans la nuit, elle subit un infarctus.

Ce témoignage, relayé par le site Science Alert, concerne Barbara Collura, aujourd’hui ambassadrice de la Family Heart Foundation aux États-Unis. Il illustre une problématique plus large : les femmes sont encore trop souvent mal diagnostiquées et mal prises en charge lors d’une crise cardiaque. En effet, la médecine a longtemps basé ses critères sur un modèle masculin de la maladie. Quand les symptômes diffèrent, ils sont parfois qualifiés d’atypiques ou tout simplement ignorés.

Les femmes plus vulnérables face aux infarctus

Les études récentes montrent que plus de 90 % des hommes et des femmes ressentent une douleur thoracique lors d’un infarctus. Cependant, chez les femmes, d’autres symptômes apparaissent fréquemment en même temps : nausées, essoufflement, fatigue extrême, douleur à la mâchoire ou entre les omoplates. Cette diversité de signes complique souvent le diagnostic.

Selon le cardiologue Stephen Nicholls, directeur d’un hôpital en Australie, malgré les campagnes de sensibilisation, beaucoup pensent encore que les maladies cardiaques touchent surtout les hommes. Pourtant, elles représentent la première cause de mortalité féminine, causant près d’un décès sur trois chez les femmes, et tuent sept fois plus que le cancer du sein.

Le syndrome de Yentl, un biais de longue date

Depuis 1991, des études montrent que les femmes victimes d’un infarctus reçoivent moins souvent certains traitements essentiels. Elles sont moins susceptibles de recevoir rapidement de l’aspirine, d’être réanimées ou d’être transportées en urgence vers l’hôpital. Ce phénomène porte un nom : le « syndrome de Yentl ». Il désigne la tendance à mieux diagnostiquer une femme lorsque ses symptômes ressemblent à ceux des hommes.

Plus de trente ans après, ce biais persiste. Beaucoup de recommandations médicales reposent encore sur des études principalement menées chez les hommes. Certains facteurs de risque spécifiques aux femmes, comme la ménopause ou le syndrome des ovaires polykystiques, sont peu pris en compte dans l’évaluation du risque cardiovasculaire.

Une crise cardiaque parfois discrète

Autre idée reçue : la crise cardiaque doit forcément provoquer une douleur brutale et insupportable, obligeant à s’effondrer. En réalité, ce scénario est rare. La cardiologue Michelle O’Donaghue de Harvard explique que ces crises sont souvent plus discrètes et progressives, ce qui peut leur faire passer inaperçues.

Chez les femmes, la douleur thoracique est souvent décrite comme une pression, un poids ou une gêne qui dure quelques minutes avant de s’atténuer. Certaines font même leur infarctus au repos ou pendant leur sommeil.

Les femmes présentent aussi plus fréquemment des symptômes atypiques : nausées, essoufflement, douleurs à la mâchoire ou au bras. Ces signes ne sont pas spontanément associés à une crise cardiaque, ni par les patientes, ni parfois par les professionnels de santé. Barbara Collura en est un exemple : son infarctus n’a été diagnostiqué qu’à sa troisième consultation, après avoir déjà subi une crise cardiaque et une artère obstruée à 99 %. Elle partage aujourd’hui son expérience pour sensibiliser et éviter que d’autres femmes vivent la même chose.

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