Lorsqu’une douleur profonde dans l’aine ou la hanche vous pousse à consulter un médecin, il est souvent suspecté qu’il s’agit d’arthrose. Cependant, des douleurs à la hanche ne signifient pas toujours que l’articulation est usée, alertent des chercheurs de l’Université de Yale, aux États-Unis.
Dans une étude récente, ils ont identifié trois maladies osseuses qui peuvent provoquer des symptômes similaires à ceux de l’arthrose. Ces affections restent souvent invisibles sur une radiographie au début, ce qui complique leur diagnostic.
Ces maladies n’ont pas les mêmes causes ni les mêmes traitements. Elles peuvent toutes provoquer une douleur à l’aine qui s’aggrave en marchant ou en restant debout. Si elles ne sont pas diagnostiquées rapidement, elles peuvent conduire à une nécessité de pose d’une prothèse de hanche.
Trois maladies à ne pas confondre avec l’arthrose
Le principal piège réside dans la similitude de leurs symptômes. Les patients ressentent généralement une douleur profonde à l’aine ou à la hanche, surtout lors des activités qui sollicitent l’articulation. La marche ou la station debout peuvent devenir difficiles.
Selon le Dr Daniel Wiznia, chirurgien orthopédiste et auteur principal de l’étude, « les patients viennent souvent nous consulter en pensant avoir un claquage musculaire ». En réalité, il s’agit de trois pathologies différentes qui peuvent menacer l’intégrité de la hanche. Si elles ne sont pas détectées à temps, les conséquences peuvent être irréversibles.
Ostéonécrose de la tête fémorale
Cette affection survient lorsque l’apport sanguin à l’os diminue ou s’arrête. Les cellules osseuses privées de sang meurent peu à peu, fragilisant la structure osseuse. Elle peut être causée par un traumatisme, comme une luxation de la hanche, ou par l’utilisation prolongée de stéroïdes, une forte consommation d’alcool ou certains problèmes métaboliques et vasculaires.
Fracture de stress du col fémoral
Elle résulte d’un mécanisme différent. Des contraintes répétées dépassent la capacité de réparation de l’os, provoquant une fracture de fatigue. Ces fractures apparaissent aussi lorsque l’os est déjà fragile, notamment en cas d’ostéoporose, de carence en vitamine D ou de déséquilibres nutritionnels.
Fracture par insuffisance sous-chondrale
Située juste sous la surface du cartilage de la partie portante de l’articulation, cette fracture concerne surtout les personnes âgées, notamment les femmes ménopausées avec une densité minérale osseuse diminuée. Elle peut survenir brutalement, parfois lors d’une activité quotidienne ou après une chute sans gravité.
Une radiographie normale ne suffit pas toujours
Un aspect trompeur de ces trois affections est que la radiographie initiale peut ne montrer aucune anomalie, alors que le patient souffre réellement. Les microfractures, l’inflammation de la moelle osseuse ou de petites lésions structurelles peuvent ne pas être visibles sur une image classique.
Les symptômes donnent cependant des indices. Avec l’ostéonécrose, la douleur apparaît généralement progressivement avant de devenir plus intense, surtout lorsque la structure osseuse commence à s’effondrer. La fracture de stress se manifeste plutôt par une douleur liée à l’effort, qui s’intensifie pendant l’exercice et diminue au repos. La fracture par insuffisance sous-chondrale peut provoquer une douleur soudaine, parfois en marchant ou après une chute sans gravité.
Le Dr Wiznia insiste : « Lorsque la radiographie d’un patient est normale mais que la douleur persiste, il ne faut pas attendre une guérison spontanée. Il est essentiel d’utiliser des techniques d’imagerie avancée pour voir ce qui se passe en profondeur. » L’IRM permet de détecter ces lésions à un stade précoce, avant qu’un effondrement osseux irréversible ne survienne. En l’absence d’IRM, la tomodensitométrie peut fournir des informations complémentaires, notamment sur des microfractures ou des déformations osseuses discrètes.
Peut-on éviter la pose d’une prothèse ?
Le risque de devoir poser une prothèse dépend du type de maladie, de son stade et de la présence ou non d’un effondrement de la tête fémorale. Plus le diagnostic est précoce, plus il est possible de traiter la cause pour préserver l’articulation.
Une fois que l’os a été gravement endommagé ou déplacé, les options pour conserver la patientèle deviennent limitées. La dégradation structurelle de la hanche marque souvent un tournant dans l’évolution de la maladie.
Le Dr Wiznia précise : « Un diagnostic rapide et précis est crucial. En tenant compte des antécédents médicaux, en identifiant les facteurs de risque et en réalisant des IRM au bon moment, nous pouvons détecter ces vulnérabilités tôt. Cela nous donne la chance de préserver l’articulation et la mobilité du patient sur le long terme ».






