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Doliprane et grossesse : la vérité sur la rumeur qui inquiète les futures mamans

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Une rumeur circule depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux, alimentée notamment par des influenceuses comme Maeva Ghennam. Elle affirme que le Doliprane, un médicament à base de paracétamol, pourrait « féminiser » les fœtus masculins. Ces propos inquiètent de nombreuses futures mères, qui se demandent si elles doivent arrêter de prendre ce médicament pendant leur grossesse. Pourtant, cette information repose sur des idées fausses ou non vérifiées.

Tout a commencé avec une vidéo TikTok, datant du 27 mai, dans laquelle Maeva Ghennam, enceinte de plusieurs mois, mentionne que sa gynécologue lui aurait dit que le paracétamol pourrait avoir un effet sur le sexe du bébé. Elle affirme que des études auraient montré que le médicament pourrait féminiser un garçon. Ce discours a rapidement été relayé par d’autres internautes, créant un véritable doute chez les femmes enceintes.

Ce que dit vraiment la science

Ce mythe repose en partie sur une étude publiée en 2017 dans la revue Reproduction. Des chercheurs danois ont observé chez des souris que l’exposition quotidienne au paracétamol pouvait faire diminuer la testostérone chez les fœtus mâles. Cependant, cette étude a été menée sur des animaux, et non chez des femmes enceintes. Il ne s’agit pas d’une étude clinique sur des femmes prenant le médicament ponctuellement pour une fièvre.

Le gynécologue Olivier Marpeau, spécialiste en obstétrique à Aix-en-Provence, rappelle qu’il faut distinguer deux types de recherches : celles sur des animaux ou des tissus en laboratoire, et celles sur des milliers de femmes suivies sur plusieurs années. «Sur ces grandes cohortes, aucun effet de féminisation ou d’impact sur la sexualité du bébé n’a été observé», insiste-t-il.

Les risques d’un rejet du traitement

Le terme « féminiser » utilisé dans cette rumeur est lui aussi trompeur. Il évoque plutôt un léger effet hormonal, incertain, plutôt qu’un changement de sexe ou une diminution de la virilité. Le médecin déplore ce glissement de sens. «Il ne faut pas conclure que cela va féminiser le fœtus ou influencer ses préférences sexuelles. Ces idées sont infondées», affirme-t-il.

Pourtant, certains prennent ces propos au sérieux et évitent le Doliprane pendant la grossesse. Or, cette démarche peut être risquée. Selon le consensus médical, le paracétamol reste le médicament de première intention pour soulager la douleur ou faire baisser la fièvre chez la femme enceinte. C’est le traitement le plus sûr et le plus efficace pendant toute la grossesse.

Le Dr Marpeau souligne que laisser une fièvre élevée sans traitement comporte aussi des dangers. «Il est bien plus risqué de laisser une fièvre à 40°C pendant plusieurs heures que de prendre du paracétamol. Une fièvre prolongée peut entraîner une fausse couche ou un accouchement prématuré», explique-t-il.

À l’inverse, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène, souvent évités par les femmes enceintes, présentent eux des risques avérés. Ils peuvent provoquer des complications rénales ou cardiaques chez le fœtus, surtout après la 20e semaine d’aménorrhée, avec des risques de mortinatalité ou de prématurité.

En résumé, il est conseillé de limiter la prise de médicaments pendant la grossesse. Le principe de précaution implique de ne pas dépasser 3 à 4 prises par jour et de consulter un médecin si les symptômes persistent plus de 48 heures.

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