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Crises cardiaques chez les jeunes femmes : un mystère encore non résolu

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Une étude récente menée par la Mayo Clinic met en lumière un aspect méconnu des crises cardiaques chez les femmes de moins de 65 ans. Contrairement à l’idée reçue, ces infarctus ne sont pas toujours liés à une artère bouchée par une plaque de cholestérol ou à la consommation de tabac.

Selon cette recherche, plus de la moitié des infarctus chez ces femmes ne trouvent pas leur origine dans une obstruction classique des artères coronaires. Ces causes rares restent souvent non détectées, ce qui peut compliquer la prise en charge médicale. Lorsqu’on ne connaît pas la cause exacte, il existe un risque que le traitement ne soit pas adapté, augmentant ainsi le danger de récidive.

Une étude basée sur un registre populationnel

Les chercheurs ont analysé les données du registre Rochester Epidemiology Project, dans le Minnesota. La publication, dans le Journal of the American College of Cardiology, révèle que les déclencheurs peu connus jouent un rôle important dans ces crises cardiaques précoces chez les femmes. Ces causes incluent la SCAD, le vasospasme ou encore l’embolie coronaire. Pour ces patientes, il est crucial de poser un diagnostic précis pour éviter des traitements inefficaces ou inadaptés, et réduire le risque de récidive.

Différences entre hommes et femmes

Entre 2003 et 2018, 4 116 infarctus ont été recensés chez des personnes de 65 ans ou moins, dont 36 % de femmes. Parmi les 1 474 premiers cas analysés, 68 % étaient liés à l’athérothrombose, cette plaque qui bouche l’artère. Chez les hommes, cette cause représente environ 75 % des infarctus, contre seulement 47 % chez les femmes.

Chez les femmes plus jeunes, plus de la moitié des infarctus sont dus à d’autres mécanismes, souvent non liés à une plaque. Ces causes comprennent la dissection coronaire spontanée, le MINOCA (infarctus sans obstruction visible), ou encore des infarctus secondaires liés à un manque d’oxygène dans le cœur. La cardiologue Claire E. Raphael souligne que ces causes ont été sous-estimées par le passé, notamment chez les femmes. Souvent, le cœur semble peu endommagé, ce qui peut compliquer le diagnostic en urgence.

Les causes rares mais lourdes de conséquences

Parmi ces mécanismes peu connus, la SCAD, ou dissection coronaire spontanée, est une déchirure brutale de la paroi d’une artère du cœur. Elle représentait environ 11 % des infarctus chez les femmes, contre 0,7 % chez les hommes, soit près de six fois plus. La majorité de ces cas avaient été mal classés, confondus avec une plaque ou un infarctus sans obstruction.

Les autres causes incluent :

  • SCAD : déchirure de la paroi d’une artère coronaire, souvent sans présence importante d’athérosclérose.
  • SSDM : infarctus dû à un manque d’oxygène, provoqué par une infection, une anémie ou une poussée de tension.
  • Vasospasme coronaire : contraction brutale et transitoire d’une artère.
  • Embolie coronaire : caillot provenant d’une autre zone du corps qui bouche une artère du cœur.

Les autorités françaises, via ameli.fr, mentionnent aussi ces formes d’infarctus sans artère bouchée, comme le syndrome de Takotsubo, aussi appelé « coeur brisé ». La chercheuse Rajiv Gulati insiste sur la nécessité pour les médecins de mieux connaître ces mécanismes, notamment chez les jeunes femmes, pour poser un diagnostic précis et adapter le traitement.

Pourquoi ces crises échappent encore souvent au diagnostic

Une femme de 50 ans présentant une douleur thoracique en urgence peut ne pas être immédiatement suspectée d’un infarctus si son profil est considéré comme peu à risque. Si l’angiographie montre des artères peu rétrécies, la dissection coronaire ou le MINOCA peuvent être confondus avec un épisode bénin ou une plaque peu significative. Selon l’étude, cette confusion concerne plus de la moitié des cas de dissection, ce qui peut conduire à des traitements inadéquats.

Il est donc essentiel de comprendre l’origine précise de l’infarctus pour assurer une meilleure prise en charge. Des examens complémentaires comme l’imagerie intracoronaire ou l’IRM cardiaque peuvent aider à clarifier la situation. Toute douleur thoracique intense, surtout si elle irradie vers le bras, la mâchoire ou s’accompagne d’essoufflement ou de sueurs, doit conduire à une consultation en urgence. La réalisation d’un électrocardiogramme et d’une prise de troponine reste indispensable pour confirmer le diagnostic.

Enfin, il est important que les patientes soient informées et qu’elles posent des questions sur la cause de leur infarctus, notamment si la dissection, le vasospasme ou une embolie ont été envisagés. Connaître la cause précise permet de mieux orienter la prévention et le suivi à long terme, et d’éviter de sous-estimer ces mécanismes rares mais graves.

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