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Cancer colorectal : le test de selles plus efficace que la coloscopie ?

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Coloscopie ou test de selles : quelle méthode est la plus efficace contre le cancer colorectal ?

Lors du dépistage du cancer colorectal, beaucoup d’adultes hésitent à passer une coloscopie, souvent par peur de l’examen endoscopique. Une étude espagnole, appelée COLONPREV, publiée dans la revue médicale The Lancet, a suivi plus de 57 000 personnes pendant dix ans. Elle apporte une réponse surprenante : un test immunologique fécal (FIT) effectué régulièrement tous les deux ans protège autant contre les décès liés à ce cancer qu’une coloscopie unique.

Une stratégie plutôt qu’une technologie

Les médecins ne privilégient donc pas une méthode unique, mais une stratégie : un examen simple, réalisé régulièrement, peut rivaliser avec la coloscopie pour réduire la mortalité. La différence essentielle est que le FIT n’est efficace que si les personnes l’acceptent et renvoient leur test. Or, la participation reste faible, notamment en France, où seulement un adulte sur trois participe au dépistage organisé du cancer colorectal.

Ce que l’étude COLONPREV a réellement comparé

Dans le cadre de l’étude COLONPREV, menée par les gastro-entérologues Antoni Castells et Enrique Quintero, 57 404 adultes âgés de 50 à 69 ans ont été répartis en deux groupes. Le premier a reçu une invitation à réaliser une coloscopie unique à l’hôpital. Le second a reçu une invitation à faire un FIT tous les deux ans à domicile. Les chercheurs ont ensuite suivi tous les cas de cancer colorectal et tous les décès pendant près de dix ans.

Il ne s’agissait pas de comparer la détection de polypes ou d’adénomes dans des conditions idéales, mais d’évaluer quelle stratégie permettrait de sauver le plus de vies en situation réelle. L’étude tenait compte des refus de rendez-vous, des oublis d’envoyer le kit, et des aléas du quotidien, comme le feraient un programme national ou une campagne de dépistage.

Des résultats proches en termes de mortalité à 10 ans

Après environ dix ans de suivi, les chercheurs ont constaté 55 décès par cancer colorectal dans le groupe avec coloscopie, contre 60 dans celui avec FIT. La mortalité cumulée était donc de 0,22 % contre 0,24 %, une différence très faible. Cette différence, de 0,02 point, était bien en dessous du seuil de non-infériorité fixé à 0,16 point. Autrement dit, le FIT tous les deux ans n’est pas moins efficace que la coloscopie unique pour prévenir les décès.

Ce type d’étude, appelé essai de non-infériorité, montre qu’une stratégie n’est pas moins performante qu’une autre, au-delà d’un seuil prédéfini. Fait notable, la participation était meilleure dans le groupe avec FIT : près de 40 % des invités ont renvoyé leur test, contre seulement 32 % pour la coloscopie.

En pratique en France : quel test privilégier ?

En France, l’Institut national du cancer et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) recommandent déjà une stratégie proche de celle de l’étude COLONPREV. Pour les personnes de 50 à 74 ans sans facteur de risque particulier, un FIT doit être réalisé tous les deux ans. La coloscopie n’est recommandée qu’en cas de résultat positif.

Malgré cette organisation, la participation au dépistage organisé reste faible, autour de 31 % en 2024-2025. Elle est encore loin des taux observés dans certains autres pays européens.

Le FIT n’est pas un concurrent de la coloscopie, mais plutôt un outil complémentaire. Environ 4 % des tests sont positifs. Lors d’une coloscopie suite à un test positif, près de 60 % des examens ne révèlent rien, 30 à 40 % détectent un polype, et environ 8 % un cancer. Ce filtre permet de réserver l’examen invasif à ceux qui en ont réellement besoin, tout en permettant une détection précoce des lésions à risque.

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