Graisse viscérale : définition, risques pour la santé et comment la repérer
Vous avez peut-être remarqué que votre ventre a pris du volume, mais que votre poids n’a pas beaucoup changé. Cela peut être dû à la graisse viscérale, une graisse profonde située autour des organes abdominaux. Contrairement au « bourrelet » sous la peau, cette graisse se trouve en profondeur et joue un rôle important pour la santé.
La graisse viscérale est un facteur clé dans l’évaluation des risques liés à l’obésité. Elle est associée à de nombreuses maladies chroniques. Cependant, cette graisse n’est pas toujours visible à l’œil nu et peut s’accumuler même chez des personnes dont l’indice de masse corporelle (IMC) est normal. C’est pourquoi certains profils minces peuvent développer des problèmes comme l’hypertension ou le diabète, tandis que d’autres, plus ronds mais avec surtout de la graisse sous-cutanée, restent plus protégés. Savoir reconnaître cette graisse devient un outil important pour la prévention.
De quoi parle-t-on exactement ?
La graisse sous-cutanée forme les plis ou « michelines » visibles sur le ventre, les hanches ou les cuisses. La graisse viscérale, elle, se loge autour des organes comme le foie, les reins, le cœur ou le pancréas. Selon l’endocrinologue Andrea Ciudin, cette graisse est particulièrement importante dans l’impact de l’obésité sur la santé, car elle est en contact direct avec les organes vitaux.
Cette graisse profonde agit comme un véritable organe endocrinien : elle produit des hormones, libère des molécules inflammatoires et envoie de faux signaux au cerveau pour réguler la faim. Lorsqu’elle se détache de son environnement habituel, elle peut devenir une source de stress, entraînant une inflammation chronique, des troubles métaboliques et une mauvaise régulation de l’appétit.
Pourquoi la graisse viscérale présente-t-elle plus de risques ?
Le gastro-entérologue Diego Sánchez Muñoz liste plusieurs risques liés à cette graisse : hypertension, diabète de type 2, foie gras, problèmes cardiaques, respiratoires, voire certains cancers. La graisse viscérale augmente le risque de maladies cardio-métaboliques en favorisant la résistance à l’insuline, en augmentant la tension artérielle et en perturbant le fonctionnement du foie et du cœur.
Il existe deux profils principaux : ceux qui stockent surtout sous la peau, avec des bourrelets souples, et ceux qui accumulent principalement de la graisse viscérale, avec un ventre rond, dur et tendu. Ce dernier profil peut concerner des personnes à IMC normal, souvent appelées « minces métaboliquement obèses ». Selon Andrea Ciudin, une proportion de masse grasse totale de 10 à 20 % chez l’homme et 20 à 30 % chez la femme peut sembler normale, tout en étant accompagnée d’un excès de graisse viscérale concentrée dans l’abdomen.
Comment repérer un excès de graisse viscérale chez soi ?
Le tour de taille est un indicateur simple pour détecter un excès de graisse abdominale. Il doit être mesuré à mi-chemin entre la dernière côte et le haut de la hanche, lors d’une expiration normale. Un tour de taille supérieur ou égal à 80 cm chez la femme et 94 cm chez l’homme indique un risque accru. Le ratio entre la taille et la hauteur est aussi utile : si ce ratio dépasse 0,5 (le tour de taille fait plus de la moitié de la taille), cela peut alerter.
Visuellement, un ventre dur, proéminent, qui ne forme pas de plis même en position assise, peut aussi indiquer une accumulation de graisse viscérale.
Pour une évaluation plus précise, des appareils comme la balance à bio-impédancemétrie permettent d’estimer la part de masse grasse, de muscle et d’eau, avec une approximation de la graisse viscérale. La Haute Autorité de Santé rappelle que le scanner (tomodensitométrie) ou l’IRM sont les méthodes les plus fiables pour mesurer cette graisse, mais leur utilisation est limitée aux cas médicaux spécifiques. Selon Andrea Ciudin, l’objectif n’est pas de perdre du poids à tout prix, mais plutôt de réduire la graisse viscérale tout en conservant la masse musculaire, grâce à une activité physique régulière et une alimentation équilibrée, limitée en sucres rapides.






