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Potassium : la clé pour prévenir l’insuffisance cardiaque ?

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Suppléments de potassium : peuvent-ils réduire le risque d’insuffisance cardiaque ?

Les suppléments de potassium sont parfois évoqués comme une solution simple pour renforcer la santé du cœur. Une étude récente menée au Danemark, l’essai POTCAST, suggère qu’une augmentation modérée du taux de potassium sanguin chez certains patients fragiles pourrait réduire certains événements graves, comme les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Cependant, cette approche ne doit pas être prise à la légère.

Dans cette étude, des patients porteurs de défibrillateurs implantables, donc à haut risque de troubles du rythme cardiaque, ont été suivis pendant environ 3,3 ans. Les chercheurs ont constaté que viser une kaliémie, c’est-à-dire le taux de potassium dans le sang, entre 4,5 et 5,0 mmol/L, était associé à une diminution des arythmies sévères et des hospitalisations pour arythmies ou insuffisance cardiaque, comparé à ceux dont le taux de potassium n’était pas modifié. Néanmoins, cette stratégie comporte une limite importante : la frontière entre bénéfice et toxicité est très étroite, ce qui complique son application pratique.

Potassium, électricité du cœur et équilibre électrolytique

La kaliémie désigne le taux de potassium dans le sang. Cet ion est essentiel à l’activation et à la relaxation des cellules musculaires du cœur. Selon le cardiologue Roy Ziegelstein, la stabilité électrique du cœur dépend de niveaux de potassium adéquats. Il précise que des taux trop faibles ou trop élevés peuvent provoquer des rythmes cardiaques instables.

La cardiologue Jayne Morgan explique que « les potentiels d’action cardiaques dépendent des gradients de potassium entre l’intérieur et l’extérieur des cellules musculaires ». Ce mécanisme contrôle la repolarisation, une étape clé entre deux battements. Si le taux de potassium chute trop, le risque de troubles tels que la tachycardie ou l’arrêt cardiaque augmente, particulièrement en dessous de 2,5 mmol/L. À l’inverse, une hyperkaliémie peut entraîner des arythmies graves comme la fibrillation ventriculaire ou l’asystolie.

Ce que dit l’étude POTCAST sur les suppléments de potassium

L’étude POTCAST, présentée le 29 août 2025 lors du congrès de la Société européenne de cardiologie à Madrid, a inclus environ 1 200 patients danois porteurs de défibrillateurs. Leur taux de potassium initial était en moyenne de 4,01 mmol/L. Le groupe intervention recevait un traitement visant à atteindre une kaliémie comprise entre 4,5 et 5,0 mmol/L. Ce traitement comprenait des suppléments de potassium, l’ajustement de médicaments, des conseils alimentaires et une réduction des diurétiques hypokaliémiants, sur une période de 85 jours.

Au terme de l’étude, 22,7 % des patients du groupe « normale-haute » ont connu un événement majeur (rythme soutenu, choc électrique, hospitalisation ou décès), contre 29,2 % dans le groupe témoin. Les épisodes de tachycardie ou de choc délivré par le DAI étaient moins fréquents dans le groupe intervention. De même, les hospitalisations pour arythmies étaient réduites. Les hospitalisations pour troubles électrolytiques restaient rares et proches entre les deux groupes.

Suppléments de potassium : pour qui, et avec quelles précautions ?

Les résultats montrent une réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque, mais uniquement chez des patients très malades, suivis de près. La cardiologue Jayne Morgan souligne que « le bénéfice en termes de mortalité apparaît seulement après plusieurs années » et que la fenêtre thérapeutique est très étroite. Elle précise aussi que dans l’étude, des contrôles réguliers du potassium étaient réalisés toutes les deux semaines, ce qui est difficile à reproduire dans la pratique courante.

Augmenter son potassium sans avis médical peut être risqué et favoriser des arythmies graves. Certaines personnes doivent faire preuve de prudence avant de prendre des suppléments :

  • Les personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique, dont les reins ont du mal à éliminer le potassium.
  • Les patients déjà sous médicaments hyperkaliémiants (certaines classes d’inhibiteurs ou diurétiques).
  • Les personnes âgées polymédiquées, plus susceptibles d’interactions médicamenteuses.

Les experts insistent : toute personne, en particulier celles souffrant de problèmes cardiaques, souhaitant augmenter leur taux de potassium doit consulter un cardiologue. Il ne faut jamais augmenter ses apports seul, car cela peut provoquer l’effet inverse. La démarche doit être encadrée médicalement, notamment pour éviter de tomber dans la zone dangereuse où le potassium peut devenir toxique.

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