L’insuffisance cardiaque est une maladie moins connue que l’infarctus, mais elle touche un nombre croissant de personnes. Selon le cardiologue Francesco Lo Monaco, de la National Heart Clinic de Harley Street, cette condition signifie que le cœur ne peut plus pomper le sang aussi efficacement qu’auparavant. Il s’agit d’une atteinte qui résulte de lésions accumulées sur plusieurs années, et non d’un arrêt brutal du cœur.
Souvent silencieuse, l’insuffisance cardiaque se manifeste tardivement par des symptômes comme l’essoufflement, la fatigue persistante ou des chevilles gonflées. La bonne nouvelle, selon le médecin, c’est que la plupart des facteurs de risque sont modifiables. Il est possible d’agir sur la tension artérielle, l’activité physique, le sommeil, l’alimentation, les horaires des repas ou la gestion du stress. Ces conseils peuvent être mis en place dès aujourd’hui, mais ils ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Prévenir l’insuffisance cardiaque : l’importance de la tension et de l’activité physique
Francesco Lo Monaco insiste sur la nécessité de connaître sa tension artérielle. L’hypertension est l’une des principales causes d’insuffisance cardiaque. La valeur de référence pour la majorité du public est d’environ 120/80 mmHg, ajustée selon chaque individu. Selon une méta-analyse publiée dans The Lancet, une baisse de 10 mmHg de la pression systolique réduit le risque d’insuffisance cardiaque d’environ 28 %. La première étape consiste donc à faire mesurer sa tension en pharmacie ou chez son médecin, puis à assurer un suivi régulier.
Le deuxième pilier pour préserver la santé cardiaque est l’activité physique régulière. Le cardiologue recommande entre 150 et 300 minutes d’exercice modéré chaque semaine, ou 75 minutes d’activité intense. Des études publiées dans Circulation montrent que cette pratique peut diminuer de 63 à 66 % le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à une vie sédentaire.
Sommeil, alimentation et horaires : des éléments clés
Le sommeil joue aussi un rôle important dans la santé du cœur. Francesco Lo Monaco rappelle que la majorité des adultes devraient dormir entre sept et neuf heures par nuit, en maintenant des heures de coucher et de lever régulières. Il insiste sur le fait que « n’avoir pas le temps de dormir » n’est pas une excuse valable. Une étude dans le BMJ indique qu’un sommeil inférieur à sept heures augmente d’environ 20 % le risque d’insuffisance cardiaque. Le ronflement fréquent accentue aussi ce risque. Il est conseillé d’éviter les écrans une heure avant de dormir, de limiter la caféine en soirée, et de consulter en cas de ronflements bruyants ou de fatigue persistante pour dépister une apnée du sommeil.
Pour l’alimentation, le médecin recommande un régime méditerranéen, riche en légumes, fruits, légumineuses, noix, huile d’olive et protéines maigres. Il suggère de consommer au moins deux portions de poisson par semaine, dont une de poisson gras comme le saumon, les sardines ou le maquereau. L’étude PREDIMED, publiée dans le New England Journal of Medicine, montre qu’un tel régime réduit d’environ 30 % les événements cardiovasculaires majeurs. Il est aussi conseillé de limiter la consommation d’aliments ultra-transformés, de charcuterie, de boissons sucrées et de sel, afin de mieux contrôler la tension, le poids et le diabète.
Gérer le stress et surveiller les signaux d’alerte
Le stress chronique a des conséquences néfastes pour le cœur. Francesco Lo Monaco rappelle qu’il peut augmenter d’environ 63 % le risque de maladies cardiovasculaires. Une technique simple pour réduire ce stress consiste à pratiquer la respiration profonde : inspirer par le nez pendant quatre secondes, expirer par la bouche pendant six secondes, et répéter durant cinq minutes, matin ou soir. Par ailleurs, il est important de rester attentif à certains signes comme un essoufflement inhabituel, une fatigue persistante ou un gonflement des chevilles, qui nécessitent une consultation rapide.
Le médecin souligne que la prévention repose sur des habitudes quotidiennes, et non sur des actions ponctuelles. Adopter de bonnes routines est essentiel pour réduire le risque d’insuffisance cardiaque.






