Un complément peu coûteux pourrait améliorer la mémoire chez les seniors
De nombreux seniors constatent des oublis de noms, des difficultés à retrouver un mot ou ont l’impression que leur mémoire flanche avec l’âge. Pour ceux qui cherchent une solution sans recourir à des médicaments, une étude récente apporte un espoir. Elle suggère qu’un simple supplément de fibres prébiotiques, composé d’inuline et de fructo-oligosaccharides (FOS), pourrait avoir un effet modeste sur certaines fonctions cérébrales, notamment la mémoire visuelle.
Publié en 2024 dans la revue Nature Communications, cet essai a porté sur 72 adultes âgés d’au moins 60 ans. Pendant 12 semaines, la moitié des participants ont pris chaque jour 7,5 g de ce mélange de fibres, tandis que l’autre moitié a reçu un placebo. Résultat : ceux qui ont consommé le complément ont mieux réussi un test de mémoire, également utilisé pour dépister la maladie d’Alzheimer. Toutefois, l’étude reste courte et menée sur un petit groupe, ce qui limite les conclusions quant à une prévention à long terme du déclin cognitif.
Les fibres prébiotiques : inuline et FOS, un duo pour la mémoire
Les prébiotiques sont des fibres non digestibles qui servent de nourriture aux bactéries du microbiote intestinal, ces milliards de micro-organismes présents dans le côlon. L’inuline et les fructo-oligosaccharides se trouvent naturellement dans l’ail, l’oignon, l’artichaut, l’asperge ou encore la banane. On peut aussi les acheter sous forme de poudres en vente libre.
Une fois arrivées intactes dans le côlon, ces fibres favorisent la croissance de bactéries bénéfiques, notamment les Bifidobacterium. Lors de l’étude appelée PROMOTe, la prise quotidienne de ce duo a été associée à une augmentation de ces bactéries, renforçant l’idée d’un lien entre microbiote et cerveau. La chercheuse Mary Ni Lochlainn souligne que comprendre cet axe pourrait ouvrir de nouvelles voies pour vivre plus longtemps en bonne santé.
Ce que révèle l’étude PROMOTe sur la mémoire
Les chercheurs ont recruté 36 paires de jumeaux adultes, principalement des femmes (78 %), dont l’âge moyen était de 73 ans. Entre mai et décembre 2021, dans chaque paire, un jumeau recevait chaque jour 7,5 g de prébiotique, comprenant au moins 3 375 mg d’inuline et 3 488 mg de FOS. L’autre recevait un placebo à base de maltodextrine. Tous suivaient également un programme d’exercices de résistance et consommaient des acides aminés ramifiés.
Après 12 semaines, ceux ayant pris le prébiotique ont obtenu de meilleurs scores sur un test global de cognition. Plus spécifiquement, ils ont moins fait d’erreurs lors du test Paired Associates Learning, qui évalue la mémoire visuelle et la capacité à apprendre de nouvelles associations. La chercheuse indique que ces résultats en si peu de temps sont très encourageants. En revanche, la performance musculaire, mesurée par le temps de lever d’une chaise, n’a pas été améliorée.
Les limites de l’étude et ses implications
Les analyses de selles ont montré une augmentation des Bifidobacterium dans le groupe ayant consommé le prébiotique, ce qui supporte l’hypothèse d’un lien entre intestin et cerveau. Cependant, l’étude a duré seulement trois mois, avec un nombre limité de participants, principalement des femmes. Elle ne permet pas de conclure à une protection contre la maladie d’Alzheimer ni à un effet durable à long terme.
Concernant la tolérance, certains participants ont signalé des ballonnements ou une gêne digestive légère, sans événements graves. La gériatre Claire Steves rappelle que ces fibres végétales sont peu coûteuses, disponibles sans ordonnance, et pourraient bénéficier à un large public. Elle souligne aussi que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces effets sur une période plus longue et dans des groupes plus diversifiés. Enfin, pour les personnes ayant des problèmes digestifs ou suivant certains traitements, il est conseillé de consulter un professionnel avant de commencer un tel supplément.






