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Ozempic et Wegovy : la nouvelle mode pour maigrir ou masquer des troubles alimentaires

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Une utilisation croissante chez les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire

Les injections destinées à favoriser la perte de poids, comme Ozempic ou Wegovy, ont révolutionné la prise en charge de l’obésité. Leur capacité à réduire l’appétit séduit de plus en plus de patients. Cependant, cette popularité soulève des inquiétudes chez les spécialistes.

En effet, ces médicaments sont parfois détournés pour traiter ou masquer des troubles du comportement alimentaire. Une étude récente publiée dans JAMA Psychiatry indique que leur usage est nettement plus fréquent chez cette population que dans la population générale.

Une étude révélatrice

Des chercheurs de l’Université de Louisville, aux États-Unis, ont étudié l’utilisation des agonistes du récepteur du GLP-1 chez 436 personnes, en moyenne âgées de 34 ans, souffrant de troubles alimentaires. Ils ont découvert que 32,1 % de ces individus avaient déjà utilisé un médicament de cette famille, comme le sémaglutide ou le tirzépatide. Dans la population générale, ce chiffre est d’environ 15 %.

Les chiffres sont encore plus alarmants chez certains groupes. Plus de la moitié des personnes souffrant d’hyperphagie boulimique ont déjà utilisé ces injections. Chez celles atteintes d’anorexie atypique, la proportion dépasse 40 %, et elle dépasse un quart chez les patients souffrant de boulimie.

Des détournements et des risques

Les chercheurs ont aussi constaté qu’environ 10 % des participants avaient détourné l’usage de ces médicaments. Cela comprenait l’augmentation des doses sans avis médical, la poursuite du traitement au-delà de la durée recommandée, le partage avec des proches ou l’achat de versions vendues sur Internet, en dehors des circuits officiels.

Les inquiétudes des professionnels

Pour les spécialistes, cette tendance pose problème. Ces médicaments ne sont pas approuvés pour traiter les troubles du comportement alimentaire. Le professeur Nicholas Peiper, principal auteur de l’étude, explique que cela complique la gestion clinique de ces troubles, qui sont déjà difficiles à traiter.

La docteure Cheri Levinson, coautrice de l’étude, recommande que les professionnels de santé vérifient systématiquement la présence d’un trouble alimentaire avant de prescrire ces traitements, même chez les patients en surcharge pondérale ou en rémission. Elle avertit que la motivation à manger moins ou à perdre du poids à tout prix peut favoriser les rechutes et maintenir ces troubles.

Une surveillance renforcée à prévoir

Les auteurs appellent à une vigilance accrue concernant l’usage de ces médicaments. Avec l’arrivée prochaine de nouvelles formes, comme des comprimés, ils souhaitent mieux comprendre comment certains se les procurent et dans quelle mesure leur popularité alimente leur utilisation hors des recommandations médicales.

Source : Use and Misuse of GLP-1 Receptor Agonists Among People With Eating Disorders, Jama Psychiatry, juin 2026.

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