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Endométriose : un lien surprenant avec les traumatismes de l’enfance

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Endométriose : un lien avec les traumatismes de l’enfance révélé par une étude

L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire dans laquelle un tissu semblable à la muqueuse de l’utérus se développe en dehors de celui-ci, pouvant toucher divers organes. Selon une étude récente du Karolinska Institutet, publiée en 2025 dans la revue « Human Reproduction », un passé marqué par des violences ou des difficultés familiales augmenterait considérablement le risque de développer cette maladie à l’âge adulte. Ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle l’endométriose serait uniquement liée à des facteurs hormonaux ou génétiques.

Les chercheuses suédoises ont suivi plus de 1,3 million de femmes nées entre 1974 et 2001. Parmi elles, environ 24 000 ont reçu un diagnostic d’endométriose. Les résultats montrent que celles ayant vécu au moins une expérience négative dans l’enfance, comme des violences, des abus ou une grande précarité, avaient en moyenne 20 % de risque supplémentaire de développer la maladie. Plus le nombre de traumatismes était élevé, plus ce risque augmentait. Lorsqu’elles avaient vécu plusieurs traumatismes, le risque pouvait atteindre 60 %, et il était plus que doublé en cas de violences.

Les traumatismes infantiles et leur impact sur l’endométriose

Les chercheurs ont analysé divers événements survenus avant l’âge de 18 ans : parents très jeunes, troubles psychiatriques ou handicaps chez un parent, consommation de drogues, difficultés financières, recours aux services sociaux, violences ou abus sexuels. Tous ces facteurs, à l’exception du décès dans la famille, étaient liés à un risque accru d’endométriose. La scientifique Marika Rostvall, première auteure de l’étude, explique que plus une personne a vécu d’expériences négatives durant l’enfance, plus son risque augmente. Lorsqu’une femme a subi cinq ou plusieurs de ces facteurs, son risque peut monter jusqu’à 60 %.

Les liens les plus forts ont été observés chez les femmes exposées à des violences, qu’elles en aient été victimes ou témoins. Leur risque de développer une endométriose est alors plus que doublé par rapport à celles qui n’ont connu aucun de ces événements. La chercheuse souligne que ces résultats montrent que des expériences de vie difficiles peuvent influencer la santé à long terme. Ils confirment également d’autres études indiquant que les difficultés durant l’enfance ont des conséquences profondes sur la santé future.

Des études complémentaires confirment le lien

Une étude américaine appelée Nurses’ Health Study II, qui a suivi 60 595 femmes entre 1989 et 2013, a aussi montré que les femmes ayant subi des abus graves dans leur enfance avaient un risque accru de 79 % de développer une endométriose. Les abus physiques seuls augmentaient ce risque de 20 %, tandis que les abus sexuels étaient liés à une hausse de 49 %. Par ailleurs, des analyses menées à partir de la base de données UK Biobank, publiées dans « JAMA Psychiatry », ont retrouvé un lien similaire pour 16 types d’événements traumatiques, y compris à l’âge adulte, même en tenant compte de la prédisposition génétique. Certains gynécologues, comme Hugh Taylor, estiment aujourd’hui que la moitié du risque d’endométriose serait liée à des facteurs génétiques, l’autre à l’environnement, notamment ces expériences précoces.

Traumatismes infantiles, endométriose et prise en charge

Les chercheurs restent prudents quant aux mécanismes précis en jeu. Une hypothèse avancée concerne le stress chronique causé par la maltraitance ou la violence, qui pourrait perturber durablement le système immunitaire et favoriser l’inflammation. L’endométriose étant une maladie inflammatoire, cette perturbation pourrait jouer un rôle. Une autre hypothèse évoque une hypersensibilisation du système nerveux central à la douleur après des traumatismes, ce qui pourrait amplifier les douleurs pelviennes et compliquer le diagnostic. En France, le délai moyen entre les premiers symptômes et la reconnaissance de la maladie est d’environ sept ans.

Il est important de préciser que ces résultats ne signifient pas que toute endométriose provient d’un passé traumatique, ni que toute personne ayant subi des violences développera la maladie. Ils soulignent néanmoins l’intérêt de prendre en compte l’histoire de vie lors des consultations. Une approche dite « trauma‑informée » recommande notamment :

  • de garantir un cadre de soin sécurisant et respectueux du consentement ;
  • d’éviter les examens gynécologiques intrusifs non nécessaires ;
  • d’ouvrir la possibilité, sans insistance, d’évoquer d’éventuels traumatismes passés.

Les femmes qui se sentent prêtes peuvent également évoquer leurs antécédents de violences avec leur médecin ou demander une orientation vers un soutien psychologique. En parallèle du traitement médical, de nombreuses associations en France proposent des ressources pour accompagner les patientes dans leur parcours, en tenant compte de leur histoire personnelle.

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