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Nouvelle solution orale pour l’apnée du sommeil révolutionne le traitement

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Un nouveau traitement oral pour l’apnée du sommeil sans masque

Pour de nombreux patients, le traitement classique de l’apnée obstructive du sommeil, la pression positive continue (PPC ou CPAP), peut être difficile à supporter. Masque serré, tuyau encombrant, bruit nocturne : ces inconvénients conduisent certains à abandonner le traitement. Une alternative innovante, baptisée AD109, pourrait changer la donne. Ce nouveau médicament oral, pris en comprimé le soir, a montré lors d’un grand essai clinique qu’il permettait de réduire d’environ 56 % les arrêts respiratoires nocturnes.

Ce traitement, développé par la biotech américaine Apnimed, cible principalement les patients qui refusent ou ne supportent plus la PPC. Ces derniers restent exposés à un risque accru d’hypertension, d’accidents vasculaires cérébraux ou de troubles cognitifs liés à l’apnée du sommeil. Cependant, AD109 reste encore expérimental, non commercialisé en France, et sa sécurité à long terme ainsi que son efficacité sur la somnolence diurne sont encore à l’étude, ce qui suscite autant d’espoirs que de questions.

Pourquoi ce traitement oral pourrait révolutionner la prise en charge

L’apnée obstructive du sommeil se manifeste lorsque les muscles de la gorge se relâchent durant la nuit. Le pharynx s’affaisse alors, interrompant la respiration à plusieurs reprises. Cette maladie provoque une fatigue importante le jour, des troubles de concentration et augmente le risque de maladies cardiovasculaires. La PPC demeure le traitement de référence, très efficace pour réduire ces pauses respiratoires. Mais de nombreux patients abandonnent le masque avec le temps. Selon le professeur Klar Yaggi, spécialiste du sommeil à la Yale School of Medicine, « nous entrons dans une nouvelle étape de la médecine personnalisée du sommeil. Ce médicament représente une avancée majeure. »

Comment fonctionne AD109, le comprimé qui tonifie les muscles de la gorge

AD109 associe deux molécules bien connues : l’atomoxétine, utilisée dans le traitement du trouble du déficit de l’attention, et l’aroxybutynine, un dérivé d’un médicament contre l’hyperactivité vésicale. Ensemble, elles augmentent le tonus des muscles des voies aériennes supérieures, notamment le muscle génioglosse, qui maintient la langue en avant. L’objectif est de rendre le pharynx moins susceptible de s’effondrer durant le sommeil, sans recourir à un appareil ou une orthèse. La neurologue Sigrid Veasey, spécialiste du sommeil à l’Université de Pennsylvanie, souligne que cette combinaison médicamenteuse semble réduire la fréquence des épisodes d’apnée et atténue la baisse d’oxygène nocturne, ce qui est très prometteur.

Ce traitement a été testé dans le cadre de l’essai de phase 3 SynAIRgy (NCT05813275), mené sur 26 semaines auprès de 646 adultes souffrant d’apnée du sommeil légère à sévère, souvent intolérants ou résistants à la PPC. Les participants prenaient chaque soir une gélule d’AD109 ou un placebo, en double aveugle. À la fin de l’étude, ceux sous AD109 avaient réduit d’environ 56 % leurs événements respiratoires par rapport au groupe placebo. Près de 22 % des patients ont obtenu un indice d’apnées-hypopnées inférieur à 5 événements par heure, proche des valeurs normales. Les chercheurs ont aussi constaté une nette amélioration des chutes d’oxygène nocturnes et une réduction d’environ 60 % de la « charge hypoxique », un indicateur lié au risque cardio-vasculaire.

Perspectives, tolérance et disponibilité future

Les résultats de l’étude SynAIRgy, publiés en 2026 dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, sont encourageants mais restent incomplets. Aucun effet secondaire grave n’a été directement attribué au médicament, mais environ 21,2 % des patients ont interrompu le traitement en raison d’effets indésirables tels que bouche sèche, insomnie ou nausées. La question de son impact sur la somnolence diurne, l’inflammation ou la santé cardiovasculaire doit encore être précisée. Les discussions avec la Food and Drug Administration (FDA) sont en cours pour une éventuelle autorisation. Pour l’instant, AD109 n’est pas disponible en France ni en Europe, et il ne faut pas arrêter un traitement existant sans l’avis d’un spécialiste du sommeil.

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