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Infections respiratoires : un nouveau danger pour le cancer du sein

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Le lien entre infections respiratoires et métastases du cancer du sein

En France, le cancer du sein représente un tiers de tous les nouveaux cas chez la femme et est la première cause de décès par cancer dans cette catégorie, selon Santé Publique France. Lorsqu’il se propage, le principal danger est la migration des cellules cancéreuses vers d’autres organes, notamment les poumons. D’après l’Inserm, entre 30 et 50 % des patientes diagnostiquées précocement développeront des métastases.

Une étude récente, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, explore une piste inattendue : certaines infections respiratoires courantes pourraient, chez la souris, ralentir l’implantation de cellules cancéreuses dans les poumons.

Les résultats de l’étude sur le virus respiratoire syncytial

Les chercheurs ont concentré leur étude sur le virus respiratoire syncytial (VRS), responsable des rhumes hivernaux. Ils ont infecté des souris avec ce virus, puis injecté des cellules de cancer du sein. Résultat : ces animaux développaient beaucoup moins de nodules de métastases pulmonaires que les souris non infectées. Cela suggère que l’infection pourrait avoir un effet protecteur temporaire.

Dans l’expérience, les souris étaient d’abord infectées par le virus, puis recevaient des cellules tumorales. Ces animaux enrhumés présentaient moins de tumeurs dans les poumons que le groupe témoin. En revanche, si l’infection survient après la formation des métastases, aucun bénéfice n’est observé. Cela indique que l’effet serait limité aux premiers stades de la propagation tumorale.

Une réponse immunitaire potentiellement protectrice

Les chercheurs pensent que ce phénomène est lié aux interférons de type I, des protéines produites lors de l’infection par le virus dans les poumons. Lorsqu’ils sont injectés à des souris non infectées, ces interférons réduisent aussi la formation de métastases. Tanya Hollands, de Cancer Research UK, explique que cette étude montre que certaines infections virales peuvent influencer la façon dont le système immunitaire combat le cancer.

Elle précise que le VRS pourrait préparer le système immunitaire à limiter la propagation des cellules cancéreuses du sein vers les poumons, mais rappelle que ces résultats restent préliminaires et qu’il faut encore beaucoup de recherches pour comprendre leur implication chez l’humain.

Les précautions à prendre chez l’humain

Il est important de noter qu’une infection respiratoire chez une personne atteinte de cancer peut aussi être dangereuse, surtout pour les patients immunodéprimés ou âgés. Les spécialistes recommandent donc de limiter les risques d’infection en suivant les conseils vaccinales et en adoptant une bonne hygiène.

Par ailleurs, d’autres virus comme la grippe ou le SARS-CoV-2 peuvent augmenter considérablement, par plus de cent fois, le risque de métastases pulmonaires chez la souris. La réponse dépend du type de virus, du moment de l’infection et de l’état du système immunitaire.

Perspectives pour la recherche

Les chercheurs ne cherchent pas à inciter à attraper un rhume. Leur objectif est de comprendre comment le système immunitaire peut être stimulé pour freiner la propagation du cancer. Des traitements imitant les effets des interférons de type I, sans infection, pourraient à terme être développés pour renforcer la défense des poumons contre les métastases.

Le cancer du sein : une réalité préoccupante

En 2022, le cancer du sein était la principale cause de cancer chez les femmes dans 157 pays sur 185, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). On estimait à 2,3 millions le nombre de nouveaux cas et à 670 000 le nombre de décès liés à cette maladie cette année-là.

Les statistiques montrent qu’une femme est diagnostiquée toutes les minutes dans le monde, et qu’une autre en décède. La situation s’aggrave : selon un rapport publié dans Nature Medicine en février 2025, si les tendances actuelles continuent, d’ici 2050, il y aurait 3,2 millions de nouveaux cas et 1,1 million de décès annuels, soit une hausse de 38 % des cas et de 68 % des morts.

Le dépistage repose principalement sur la mammographie, recommandée pour les femmes entre 50 et 74 ans sans antécédents familiaux ou symptômes. Après cette radiographie, d’autres examens comme l’échographie ou la biopsie peuvent être réalisés si des anomalies sont détectées.

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