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AVC Léger : un vieillissement cérébral accéléré et un risque démence multiplié par 5

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Un vieillissement cérébral accéléré après un AVC, même léger

En France, environ 120 000 personnes sont hospitalisées chaque année à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Une étude récente menée aux États-Unis, portant sur plus de 42 000 adultes suivis pendant 30 ans, révèle que l’impact de l’AVC ne se limite pas aux séquelles physiques. Après certains AVC, le risque de développer une démence augmente considérablement, pouvant être multiplié par cinq lorsque l’AVC est sévère.

Cette étude, publiée dans la revue JAMA Network Open, a été menée par l’équipe de Michigan Medicine, sous la direction de Deborah A. Levine. Elle a comparé environ 1 500 survivants d’AVC à des personnes n’ayant pas subi cet épisode. La neurologue Mellanie V. Springer, co-autrice de l’étude, souligne que les troubles cognitifs ne concernent pas uniquement les AVC graves ou modérés, mais aussi les AVC légers.

Concrètement, le risque de démence est environ doublé après un AVC mineur, triplé après un AVC modéré, et multiplié par cinq en cas d’AVC sévère. Par ailleurs, les chercheurs ont constaté un vieillissement cérébral accéléré : l’âge cognitif des patients augmentait en moyenne de 1,8 an après un AVC léger ou modéré, et de 2,6 ans après un AVC plus grave.

Les mécanismes derrière la dégradation du cerveau

Après un AVC, certaines zones du cerveau sont privées d’oxygène, ce qui endommage les réseaux reliant différentes régions. La réserve cognitive, cette capacité du cerveau à compenser les pertes, diminue alors. Mellanie V. Springer explique que cela réduit la capacité du cerveau à faire face à l’impact de l’AVC, au déclin cognitif lié à l’âge, ou encore aux lésions causées par des facteurs de risque vasculaires. Lorsqu’un AVC s’ajoute à une maladie d’Alzheimer, on parle alors de démence mixte.

Pour Deborah A. Levine, cette étude montre l’importance de surveiller étroitement les fonctions cognitives des survivants d’AVC. Elle insiste sur la nécessité de traiter de manière intensive les facteurs de risque de démence, surtout chez ceux ayant subi un AVC sévère.

En France, plus de 80 000 personnes survivent chaque année à un AVC. Il est donc crucial de suivre leur mémoire, leur attention et leur organisation du quotidien. La gestion de l’hypertension, du diabète, du cholestérol, ainsi que l’arrêt du tabac, peuvent aider à limiter le déclin cognitif. Un suivi régulier avec des tests de mémoire est également recommandé.

Qu’est-ce que la démence et comment la prévenir ?

La démence désigne un déclin important des capacités mentales, au point d’interférer avec la vie quotidienne. Actuellement, plus de 55 millions de personnes dans le monde en sont atteintes. En France, près de 2 % de la population, soit environ 1,3 million de personnes, souffrent d’une maladie neurodégénérative, dont 80 % ont Alzheimer.

Pour réduire ces risques, les experts conseillent d’adopter un régime méditerranéen, de limiter la consommation d’alcool et d’aliments ultra-transformés, de pratiquer une activité physique régulière, de dormir sept à huit heures par nuit, et de maintenir des liens sociaux riches tout au long de la vie. Il est également important d’entretenir sa neuroplasticité, notamment en apprenant de nouvelles compétences, même après un certain âge.

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