Ne vous fiez pas uniquement à votre poids pour évaluer votre santé
Se peser régulièrement, retenir son souffle en regardant le chiffre affiché : beaucoup de personnes associent encore leur poids à leur santé, à leur risque de diabète ou de maladies cardiaques. Pourtant, ce chiffre fluctue en fonction de plusieurs facteurs, comme la rétention d’eau ou le transit intestinal. Il varie aussi selon le moment de la journée ou l’activité physique réalisée. Par exemple, après une séance de sport, il peut y avoir une légère hausse du poids liée à l’eau retenue dans les muscles pour récupérer. À l’inverse, une journée passée sur le canapé n’aura pas d’impact immédiat sur la balance.
Il est important de rappeler qu’environ la moitié des personnes en surpoids et près de 29 % des personnes obèses ont une bonne santé métabolique. Par ailleurs, près de 30 % des individus ayant un poids considéré comme normal présentent une tension ou un cholestérol élevés.
La balance ne fait pas la distinction entre os, muscles, graisse, eau ou contenu digestif. Le risque pour la santé dépend surtout de la répartition entre masse musculaire et masse grasse. Selon la coach sportive Marcel Dinkins, il est plus judicieux de considérer la composition corporelle pour mieux comprendre le chiffre indiqué par la balance. Celle-ci prend en compte non seulement la graisse, mais aussi la masse musculaire, osseuse et en eau.
Lorsqu’un régime très restrictif entraîne une perte de masse musculaire, le rebond est fréquent. Bill Campbell, spécialiste en physiologie de l’exercice, explique que perdre du tissu maigre peut conduire à une reprise plus importante de graisse, souvent plus que celle initialement perdue, après l’arrêt du régime.
Ce que la balance ne montre pas : la composition corporelle et la santé
Les experts s’intéressent davantage à la composition corporelle : la proportion de muscle, de graisse totale et surtout de graisse viscérale, qui entoure les organes internes. Une masse musculaire importante favorise un métabolisme élevé au repos, protège les articulations et maintient la mobilité avec l’âge.
La physiologiste Alyssa Olenick souligne que deux personnes avec le même pourcentage de masse grasse peuvent avoir des quantités très différentes de muscles et de graisse. Chez les femmes, un peu plus de graisse essentielle est nécessaire pour maintenir un équilibre hormonal. Un niveau trop faible peut perturber le cycle, la fertilité et la santé osseuse, même si l’IMC est dans la norme.
Les limites de l’IMC et d’autres indicateurs
Ces considérations expliquent pourquoi l’IMC a été critiqué récemment. Selon une étude publiée en 2024 dans la revue JAMA Network Open, cette mesure serait moins efficace pour évaluer les risques liés au surpoids. La mesure du tour de taille apparaît comme un indicateur plus pertinent pour détecter un excès de graisse abdominale, qui est plus dangereux pour la santé.
Quels indicateurs privilégier pour suivre votre santé ?
Pour évaluer votre santé métabolique, il est recommandé de se concentrer sur le tour de taille. Celui-ci reflète la quantité de graisse accumulée autour des organes. Le médecin-nutritionniste Jean-Michel Cohen explique que cette graisse se situe à proximité d’organes sensibles comme le foie, la rate ou les intestins. La graisse sous la peau, moins problématique, sécrète aussi des hormones, mais n’impacte pas directement la santé.
Il est aussi conseillé de surveiller régulièrement sa glycémie et sa tension artérielle via des examens médicaux. Ces indicateurs offrent une meilleure vision de votre santé globale que le simple poids sur la balance.
En résumé, pour rester en forme, il vaut mieux privilégier une alimentation riche en protéines et en fibres, éviter les régimes très restrictifs à 800 calories, pratiquer régulièrement une activité physique. Les experts recommandent deux à trois séances de musculation par semaine, du cardio, de la mobilité, ainsi qu’un suivi médical tous les trois à quatre mois.






