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Pourquoi se plaindre nous rend plus malades et comment y échapper

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Râler contre la météo ou un mail mal tourné : une illusion de soulagement

Râler sur la météo, le bruit du voisin ou un message mal formulé peut donner l’impression de soulager. Pourtant, selon le psychologue espagnol Rafael Santandreu, cette habitude nous rend en réalité malades. Dans une interview publiée le 10 juillet 2025, il explique que se plaindre régulièrement augmente notre niveau de névrosisme, d’anxiété et de dépression.

Arrêter de se plaindre : changer son dialogue intérieur

Pour lui, « arrêtons de nous plaindre, ça suffit maintenant ». La tendance à se plaindre constamment, même pour des contrariétés mineures, complique notre état mental. Il ne s’agit pas de parler uniquement lors d’un vrai problème ou d’une souffrance grave, mais de faire attention à ces petites phrases négatives qui reviennent toute la journée. L’idée n’est pas de se taire, mais de modifier notre façon de penser en changeant notre dialogue interne.

Une habitude qui épuisent le mental

Se plaindre ponctuellement peut être utile pour demander du soutien ou exprimer une difficulté réelle. En revanche, la plainte chronique consiste en des commentaires négatifs répétés, souvent sur des détails, sans chercher de solution. Cette « radio interne » tourne en boucle, créant une vision du monde menaçante. La psychologie a montré que la rumination prolongée entretient l’anxiété et la dépression, surtout quand elle généralise tout en disant que « rien ne va » ou « tout est toujours pareil ». Se plaindre devient alors une source de mal-être, plutôt qu’une aide.

Un dialogue intérieur qui amplifie chaque contrariété

Selon Rafael Santandreu, nous ferons face à plus de 20 000 adversités au cours de notre vie, allant d’une chaussure dans une crotte de chien à un diagnostic médical sérieux. La clé n’est pas le nombre d’épreuves, mais la façon dont on y réagit mentalement. Notre dialogue interne est cette petite voix qui commente chaque situation. Par exemple, si quelqu’un nous parle sèchement et que nous pensons « c’est insupportable, je ne vais jamais y arriver », nous intensifions notre douleur émotionnelle. C’est comme une alarme qui hurle pour le moindre bruit.

Apprendre à maîtriser cette voix intérieure

Le psychologue recommande d’entraîner cette voix comme un muscle. Lorsqu’un incident désagréable survient, il conseille de se dire : « d’accord, ça ne m’a pas plu, mais ce n’est pas la fin du monde ». L’idée est de viser des émotions douces, en évitant de catastropher. En réduisant ce catastrophisme, le stress diminue, le corps se détend et la situation devient plus gérable. Ce n’est pas mentir à soi-même, mais éviter d’ajouter une souffrance supplémentaire créée par nos pensées.

Comment arrêter de se plaindre sans tout garder pour soi

Mettre fin à la plainte chronique ne signifie pas tout accepter en silence. Il s’agit plutôt de désactiver l’alarme intérieure avant qu’elle ne crie. Une méthode simple consiste à évaluer la gravité de l’événement sur une échelle de 0 à 10 : la plupart des petits tracas restent en dessous de 3. Une autre astuce est de reformuler automatiquement les phrases extrêmes. Par exemple :

  • « C’est insupportable » devient « je n’aime pas ça, mais je peux le supporter pour l’instant ».
  • « Tout va mal » devient « certains domaines sont difficiles, d’autres vont bien ».
  • « Je n’en peux plus » devient « je suis fatigué, j’ai besoin d’une pause ou d’aide ».

Les relations et la plainte : un cercle vicieux

Se plaindre constamment peut aussi compliquer les relations avec les autres. « Quand tu te plains, les autres réagissent souvent de façon excessive. Ils ne donnent pas ce que tu veux, et cela peut provoquer des disputes », explique le psychologue. Il recommande de remplacer la plainte par une demande claire, formulée avec modération. La célèbre phrase de Stephen Hawking, qui disait que se plaindre était inutile, illustre cette attitude, mais chacun doit l’adapter à sa propre réalité. Lorsqu’une plainte est liée à une vraie détresse ou à des symptômes dépressifs, il est conseillé de consulter un professionnel de santé mentale pour transformer cette réaction en une démarche constructive.

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