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Pourquoi les médecins conseillent la glace aux patients atteints de cancer

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Pourquoi les médecins recommandent parfois la glace aux patients atteints de cancer

Il peut surprendre d’entendre un oncologue conseiller à un patient de manger de la glace. Pourtant, durant une chimiothérapie ou une radiothérapie, se nourrir peut devenir un véritable défi. La perte d’appétit, le goût modifié, les nausées, la fatigue ou la bouche enflammée compliquent la consommation de repas. Dans ce contexte, certains médecins et diététiciens utilisent la glace comme un outil pratique pour aider les patients à continuer à s’alimenter.

Les bienfaits de la glace pour les patients atteints de cancer

La glace peut répondre à trois besoins principaux : elle apporte facilement des calories, soulage une bouche sèche ou enflammée, et, sous forme de glaçons, protège la muqueuse buccale lors de certains traitements. Cependant, ces conseils ne s’appliquent pas à tous et nécessitent des précautions, surtout lorsque le système immunitaire est affaibli.

Glace, sorbet ou glaçons : de quoi parlent les médecins ?

À la Clínica Universidad de Navarra en Espagne, les équipes précisent que la crème glacée ou le sorbet sont avant tout des « outils de nutrition-plaisir ». Leur texture douce, leur goût apprécié et leur facilité à glisser dans la gorge en font des aliments souvent mieux tolérés que les plats solides, surtout chez les patients épuisés ou nauséeux. De plus, leur densité énergétique peut aider à limiter la perte de poids, notamment si la glace est enrichie en protéines, yaourt, fruits ou fruits secs.

Le terme « glaces » peut aussi désigner de simples glaçons utilisés en cryothérapie orale. Selon le National Cancer Institute, faire circuler des glaçons en bouche pendant environ 30 minutes, en commençant 5 minutes avant une perfusion de 5-fluorouracile (5-FU), permet de réduire le risque de mucosite buccale. Les recommandations du MASCC/ISOO, publiées en 2020, confirment cette technique pour certains patients recevant du melphalan à haute dose avant une autogreffe, dans une optique préventive.

Trois situations où la glace peut vraiment aider pendant le traitement contre le cancer

Lorsque l’appétit diminue, que tout a un goût métallique ou que l’odeur des repas donne la nausée, quelques cuillères de glace peuvent parfois faire passer le besoin de manger. Les équipes de Navarra proposent cette solution à certains patients très fatigués ou en perte de poids involontaire, car la glace contient des calories concentrées, tout en étant facile à avaler même en cas de nausées ou de douleurs à la déglutition.

La glace peut aussi soulager les symptômes liés à la bouche. La xérostomie, ou sécheresse buccale fréquente après une radiothérapie de la tête ou du cou, complique la mastication, la parole et la déglutition. Un dessert froid ou de petits glaçons peuvent stimuler la salivation et rendre les repas moins difficiles. En cas de mucosite, une inflammation douloureuse de la muqueuse, le froid diminue la sensation de brûlure. Selon Roche France, cette action passe aussi par une vasoconstriction locale, qui limite l’exposition des tissus aux effets des traitements chimiothérapeutiques.

Précautions et conseils pour la consommation de glace durant un traitement contre le cancer

Une glace trop froide, avalée rapidement, peut provoquer des céphalées, des malaises ou un inconfort digestif. Il est conseillé de laisser la glace se réchauffer quelques minutes au réfrigérateur, de la manger lentement, en petites quantités, et de l’intégrer à un plan alimentaire élaboré avec un diététicien. La consommation compulsive doit être évitée.

En cas de neutropénie, c’est-à-dire lorsque les globules blancs sont faibles, le risque d’infection augmente. L’American Cancer Society et le centre MSKCC recommandent alors d’éviter les glaces provenant de machines à « soft-serve » ou les produits laitiers non pasteurisés. Il est préférable de choisir des glaces industrielles pasteurisées, en portions individuelles, conservées dans de bonnes conditions. La chaîne du froid doit être respectée. En cryothérapie orale, il est également préférable d’opter pour des glaçons neutres plutôt que des bâtonnets glacés très sucrés, qui peuvent favoriser la formation de caries.

  • Consulter l’équipe d’oncologie pour savoir si une cryothérapie orale est recommandée dans le cadre du traitement (comme pour la perfusion de 5-FU ou le traitement au melphalan).
  • Faire le point avec le médecin sur le niveau de globules blancs avant de consommer des glaces.
  • Consulter un diététicien pour connaître les alternatives en cas d’intolérance au lactose ou pour contrôler la consommation de sucre.

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