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Le régime hyperprotéiné : la nouvelle tendance qui pourrait augmenter votre risque de cancer

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Une tendance alimentaire qui pourrait augmenter le risque de cancer

Le régime hyperprotéiné, popularisé notamment par les barres protéinées au goûter, la poudre dans le shaker du matin ou encore les steaks XXL au dîner, est devenu la tendance du moment. Il est particulièrement adopté par les moins de 50 ans. Conçu pour perdre du poids ou « sécher » tout en conservant sa masse musculaire, ce régime repose principalement sur une consommation élevée de protéines animales et une faible ingestion de glucides.

Ce mode alimentaire, qui réduit fortement l’apport en fibres alimentaires, inquiète de plus en plus les médecins. En effet, certains experts craignent qu’il n’augmente le risque de cancers, notamment celui du côlon et du rectum.

Les dangers d’un régime pauvre en fibres

Selon de nombreux spécialistes, le problème ne provient pas seulement de la consommation de protéines, mais surtout de la combinaison fréquente : beaucoup de viandes rouges, de charcuteries et de produits ultra-transformés, avec peu de végétaux entiers. Bettina Menzel rappelle que ce type d’alimentation pauvre en fibres alimente les processus inflammatoires dans le corps et fragilise la flore intestinale.

Une étude publiée en 2023 dans la revue BMJ Oncology a montré une augmentation de 79,1 % des cancers avant 50 ans dans le monde entre 1990 et 2019. La mortalité liée à ces cancers a également augmenté de 27,7 %. Ces chiffres mettent en lumière les risques liés à cette tendance alimentaire.

Les effets sur le microbiote intestinal

Concrètement, beaucoup de programmes hyperprotéinés remplacent les féculents, les céréales complètes, les légumineuses, les fruits et légumes par des steaks, du fromage, des œufs ou des shakes. Pourtant, la Société allemande de nutrition recommande au moins 30 g de fibres par jour pour un adulte, via le pain complet, l’avoine, le riz brun, ou les lentilles.

En pratique, nombreux sont ceux qui consomment bien moins que cette quantité, ce qui peut entraîner constipation, ballonnements, mais surtout un microbiote intestinal affaibli. Selon Justin Sonnenburg, professeur à l’université de Stanford, lorsque nos bactéries intestinales fermentent les fibres, elles produisent des acides gras à chaîne courte, essentiels pour réguler notre métabolisme et notre système immunitaire. Leur absence favorise l’inflammation et augmente le risque de cancer colorectal, comme le confirment plusieurs rapports internationaux.

Les liens entre viande, cancer et mortalité

Une étude de 2014, menée par l’Université de Californie du Sud, a suivi plus de 6 300 adultes sur 18 ans. Elle a montré qu’un apport élevé en protéines, surtout animales, était associé à une augmentation de 75 % de la mortalité globale et à un risque quadruplé de décès par cancer chez les 50-65 ans.

Les viandes rouges et les charcuteries, très présentes dans ces régimes, sont particulièrement visées. La Société allemande de nutrition indique qu’une consommation excessive de viande, notamment de bœuf, porc, agneau ou chèvre, augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de cancer du côlon. L’Institut national du cancer précise qu’une portion supplémentaire de 100 g de viande rouge par jour augmente d’environ 12 % le risque de cancer colorectal, tandis que 50 g de charcuterie quotidiens accroissent ce risque de 16 %. À l’inverse, chaque augmentation de 10 g de fibres en réduction de ce risque d’environ 7 %.

En 2025, une étude de l’Université de Toronto publiée dans Nature Microbiology a montré que des régimes très faibles en glucides et en fibres solubles favorisent le développement de polypes et de tumeurs colorectales, en particulier chez des modèles porteurs de certaines souches d’E. coli. L’effet nuisible est atténué dès que des fibres solubles sont réintroduites dans l’alimentation.

Comment conserver les bénéfices des protéines tout en limitant les risques

Pour une personne en bonne santé, les besoins en protéines sont généralement compris entre 0,8 et 1,2 g par kilo de poids corporel par jour. Pour les sportifs ou en périodes particulières, cette quantité peut atteindre environ 1,6 g/kg, sous contrôle médical.

Au-delà de ces recommandations, surtout avec des sources animales, il n’y a pas de bénéfice prouvé, mais des risques potentiels. Il est conseillé de privilégier les protéines végétales — lentilles, pois chiches, tofu, noix — ainsi que le poisson, pour couvrir ses besoins tout en évitant l’augmentation de l’IGF-1, un facteur de croissance lié à la prolifération cellulaire.

Il est important de maintenir un apport en fibres d’au moins 30 g par jour. Une journée type pourrait inclure un petit-déjeuner avec des flocons d’avoine complets, un déjeuner avec une salade de lentilles ou de pois chiches, un dîner avec du poisson, du quinoa et des légumes, ainsi que des fruits entiers et une poignée d’oléagineux en collation.

Les compléments comme les poudres ou barres protéinées peuvent être utilisés en appoint, mais ne doivent pas remplacer systématiquement un repas riche en végétaux. Enfin, il est conseillé aux jeunes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal, de polypes ou de maladies intestinales chroniques de consulter un professionnel de santé avant de suivre un régime hyperprotéiné très pauvre en glucides et fibres.

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