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Gaucher et neurodéveloppement : la vérité choc révélée par Oxford

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Ce que révèle l’étude d’Oxford sur les gauchers, le TDAH et l’autisme

Selon une étude menée par des chercheurs d’Oxford et de Londres, environ 10,6 % de la population mondiale serait gauchère. Longtemps, la main gauche a été associée à la créativité ou à la maladresse, mais aujourd’hui, certains parents s’interrogent : le fait d’être gaucher augmenterait-il le risque de troubles du neurodéveloppement tels que le TDAH ou l’autisme chez l’enfant ou même chez eux ?

En 2024, une recherche publiée dans Scientific Reports apporte des éléments de réponse. Menée par la psychologue Georgina Donati, cette étude a analysé des centaines de visiteurs du Science Museum de Londres. L’objectif : mesurer leur main dominante et leur façon dont leur cerveau perçoit les émotions sur les visages. Les résultats montrent qu’un petit groupe, représentant environ 12 %, présente une asymétrie cérébrale inversée, associé à davantage de difficultés sociales et à une fréquence plus élevée de diagnostics d’autisme et de TDAH. Par ailleurs, d’autres études génétiques confirment un lien statistique faible mais significatif entre gaucherie et troubles du développement neurologique.

Les principaux résultats de l’étude d’Oxford

Lors de l’expérience, une planche à chevilles mesurait l’habileté manuelle de chaque participant, tandis que des visages « chimériques » permettaient d’évaluer leur sensibilité aux émotions affichées sur la moitié gauche ou droite d’un visage. La majorité, soit 53 %, avait un profil dit standard : droitier et plus sensible à la moitié gauche du visage. Les chercheurs ont aussi observé que les personnes avec une latéralité manuelle modérée réussissaient généralement mieux les tâches, peu importe leur main dominante.

Environ 12 % des volontaires présentaient un profil inversé, c’est-à-dire une main et une sensibilité émotionnelle contraires à la majorité. Selon Georgina Donati, ce groupe rapportait plus de difficultés sociales et était plus souvent diagnostiqué avec l’autisme ou le TDAH. Les chercheurs avancent que cette organisation cérébrale différente pourrait compliquer la synchronisation avec les signaux sociaux, sans que la gaucherie en elle-même en soit la cause directe.

Gauchers, autisme et TDAH : que disent les études ?

Une grande étude génétique, portant sur plus de 350 000 personnes dans la cohorte UK Biobank, a identifié des variants rares du gène TUBB4B 2,7 fois plus fréquents chez les gauchers. Ces variants sont proches de gènes liés à l’autisme, comme FOXP1 et DSCAM. Les chercheurs estiment que les personnes autistes ont deux à 3,5 fois plus de chances d’être gauchères que la moyenne, mais précisent que ces gènes n’expliquent pas plus de 1 % de la gaucherie dans la population.

Une méta-analyse publiée dans le Bulletin of Psychology, qui regroupe 402 études et plus de 202 000 personnes, confirme que la non-droiterie — c’est-à-dire la gaucherie ou une latéralité mixte — est plus fréquente chez les personnes atteintes d’autisme, de dyslexie ou de schizophrénie. En revanche, cette association n’est pas observée dans le cas de la dépression. Des données supplémentaires indiquent aussi un risque légèrement accru de dyslexie et de TDAH chez les gauchers, notamment parce qu’environ 30 % d’entre eux auraient une dominance de l’hémisphère droit ou pas de dominance claire, ce qui pourrait favoriser certains troubles de l’apprentissage.

Faut-il s’inquiéter si votre enfant est gaucher ?

Globalement, ces résultats montrent un léger sur-risque statistique, mais il ne s’agit en aucun cas d’un destin individuel. La majorité des personnes autistes ou atteintes de TDAH ne sont pas gauchères, et la majorité des gauchers ne présentent pas de troubles du développement. La main dominante ne permet pas de dépister ces troubles de manière fiable. Elle ne constitue qu’un indice très faible sur l’organisation du cerveau.

Pour les parents, il est essentiel de ne pas se focaliser uniquement sur la gaucherie. Il faut plutôt prêter attention à d’autres signes, comme un retard dans le langage, de grandes difficultés en lecture ou en écriture malgré une aide adaptée, une attention très instable ou des relations sociales compliquées. En cas de doute, il peut être utile de consulter un professionnel. Ces recherches rappellent simplement la grande diversité des trajectoires du développement cérébral humain.

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