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Comment détecter un problème cardiaque avant qu’il ne soit trop tard

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Bilan cardiaque : quels examens pour vérifier le bon fonctionnement du cœur ?

Le cœur peut rester silencieux pendant longtemps. On se sent en pleine forme, alors que des plaques d’athérome se forment silencieusement dans les artères. Selon le cardiologue Enrico Vittorio Scabbia, du Poliambulatorio Sanem Somalia à Rome, c’est là tout le danger. « Le cœur est un maître des silences », explique-t-il, car « les maladies cardiovasculaires évoluent souvent sans symptôme pendant des années ». Elles restent la première cause de mortalité dans le monde. D’où l’importance de connaître les examens à faire pour s’assurer que le cœur fonctionne bien, même en l’absence de signes apparents.

Que recouvre un bilan cardiaque ?

Le terme « bilan cardiaque » regroupe plusieurs actes médicaux. Ils permettent d’évaluer la tension artérielle, d’analyser le sang et de mesurer l’activité électrique du cœur. L’objectif est de dépister précocement des problèmes comme l’hypertension, le cholestérol élevé, le diabète ou un trouble du rythme cardiaque, avant l’apparition de symptômes. « La difficulté réside à faire ces contrôles quand rien ne semble anormal, en transformant la prévention en un geste naturel, pas une source de peur », résume le spécialiste. Il est aussi essentiel de savoir quand initier ces examens ou consulter rapidement en cas de situation préoccupante.

À quoi servent ces examens ?

Un bilan cardiaque permet d’évaluer le risque de maladies cardiovasculaires et de détecter des affections silencieuses. Il repose sur la prise de tension, l’auscultation, des questions sur le tabac, le poids, les antécédents familiaux, ainsi que des examens de base. Enrico Vittorio Scabbia rappelle qu’environ 40 % des nouveaux cas de maladies du cœur et près de la moitié des décès pourraient être évités en adoptant de meilleures habitudes de vie et en réalisant des contrôles réguliers. Connaître ses chiffres est souvent la clé pour éviter un infarctus ou un AVC.

Deux situations justifient la réalisation d’un bilan : la prévention chez les personnes sans symptôme, notamment après 40 ou 50 ans ou en présence de facteurs de risque (tabac, surpoids, sédentarité, diabète), ou en cas de signes d’alerte. Ces signes incluent une douleur thoracique, un essoufflement inhabituel, des palpitations, un malaise, une oppression dans la poitrine ou la mâchoire, ainsi que des nausées chez les femmes. En cas de douleur brutale, de souffle court soudain ou de malaise avec sueurs, il faut appeler le 15 immédiatement.

Les examens de base d’un bilan cardiaque

Le premier niveau d’évaluation repose sur des examens simples, souvent réalisés par un médecin. La tension artérielle est mesurée après 3 à 5 minutes de repos, deux fois, avec un brassard placé sur chaque bras. « Mesurer régulièrement sa tension devrait devenir une habitude, même chez les jeunes », insiste le cardiologue. Une tension optimale tourne autour de 120/80 mmHg. Si les chiffres dépassent constamment 140/90, il est conseillé d’en parler avec son médecin. Un électrocardiogramme (ECG) de repos complète ces examens initiaux.

Un simple prélèvement sanguin permet aussi d’obtenir beaucoup d’informations. « Il est utile de connaître son profil métabolique grâce à des analyses de routine, notamment le cholestérol (total et fractions) et la glycémie », explique le spécialiste. À titre indicatif, le cholestérol total doit rester en dessous de 200 mg/dL, le LDL sous 130 mg/dL, le HDL au-dessus de 50-60 mg/dL, et les triglycérides sous 150 mg/dL. La glycémie à jeun doit être inférieure à 100 mg/dL. Ces seuils peuvent varier selon les conseils du médecin, mais ils servent de guide pour adapter son alimentation, son activité physique ou un traitement si nécessaire.

Examens plus approfondis et suivi régulier

Lorsque les résultats sont anormaux ou que des symptômes persistent, le cardiologue peut prescrire des examens complémentaires. Parmi eux : l’Holter ECG ou tensionnel sur 24 heures, une échocardiographie ou un test d’effort. Des analyses ciblées, comme la protéine C-réactive, le fibrinogène, le BNP, ou en urgence la troponine et la CK-MB, complètent le bilan selon la prescription médicale.

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