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Canicule et AVC : un danger mortel accru pour les femmes

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AVC et canicule : un risque accru pour les femmes

La vague de chaleur qui frappe actuellement la France ne met pas seulement en danger le confort, mais aussi la vie de nombreuses femmes. Selon un rapport de l’organisation non gouvernementale Oxfam relayé par BFMTV, la chaleur cause environ 5 398 décès chaque année dans le pays. Lorsqu’une femme subit un AVC en période de canicule, ses chances d’en mourir sont 65 % plus élevées que chez un homme, d’après une étude épidémiologique de mars 2025 citée par l’ONG.

Depuis 1947, la France a connu sa 52e vague de chaleur, dont près de la moitié après 2010. Cela témoigne d’un changement climatique qui favorise la multiplication des épisodes extrêmes. Au-delà du cliché de la simple déshydratation chez les personnes âgées, ces températures élevées peuvent provoquer des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux. Chez les femmes, la combinaison de fortes chaleurs et d’un traitement médical moins rapide ou moins adapté entraîne une surmortalité, désormais documentée.

Pourquoi la chaleur augmente-t-elle le risque d’AVC chez les femmes ?

La canicule exerce une pression importante sur le système cardiovasculaire : la déshydratation épaissit le sang, la pression artérielle augmente, et la concentration de lipides dans le sang peut aussi grimper. Oxfam cite une étude publiée en 2022 dans The Lancet selon laquelle, au-delà d’un seuil optimal de température locale, chaque degré supplémentaire entraîne une hausse de 3,8 % des risques d’AVC. Lors de la canicule de 2003, la mortalité des femmes en France a déjà été 15 % plus élevée que celle des hommes, montrant que ce risque existe depuis longtemps et s’accentue avec la répétition des épisodes extrêmes.

Une prise en charge souvent tardive, facteur de surmortalité

Une étude épidémiologique de mars 2025 indique que les femmes hospitalisées pour un AVC meurent 65 % plus souvent que les hommes, en raison d’un diagnostic souvent plus tardif. La Dr Agathe Béranger, pédiatre en réanimation à l’hôpital Necker de Paris, déplore que « les symptômes d’urgence cardiaque soient encore reconnus plus tard chez les femmes, alors que chaque seconde compte ». La même étude souligne que pour l’infarctus du myocarde, la probabilité de décès augmente de 7 % lors des journées les plus chaudes, et que les femmes sont généralement prises en charge avec trente minutes de retard en moyenne, doublant ainsi leur risque de mortalité. Les médecins appellent donc à contacter rapidement le 15 ou le 112 dès l’apparition de symptômes suspects, sans attendre que « ça passe ».

Les inégalités sociales et le risque accru pour les femmes en situation de précarité

Les inégalités sociales aggravent cette situation. Le rapport d’Oxfam parle d’une « double peine climatique » : en 2025, la chaleur a été 31 % plus mortelle dans les dix départements les plus pauvres que dans les dix plus riches. Par ailleurs, le risque d’exposition aux fortes chaleurs est dix fois plus faible dans les quartiers favorisés. Les femmes en situation de précarité se retrouvent donc en première ligne face aux AVC et infarctus liés à la canicule.

Pour réduire ces risques, l’ONG recommande une meilleure formation des professionnels de santé sur les différences liées au sexe et au genre, le soutien à la recherche sur les risques spécifiques aux femmes, ainsi qu’une sensibilisation accrue pour appeler rapidement le 15 ou le 112 dès que des symptômes apparaissent.

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